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NBA: tests, activités... Poirier explique le quotidien dans la bulle d'Orlando

Le pivot des Boston Celtics et de l’équipe de France, Vincent Poirier, s'est confié à RMC Sport sur la vie dans la bulle sanitaire à Orlando à quelques jours de la reprise NBA.

Comment se passe votre préparation dans la bulle?

Comme avec l’Équipe de France. On est huit équipes dans l’hôtel. Tu les croises, etc… Je suis tout le temps avec les gars des Celtics. Pour l’instant, ce n’est pas trop ennuyeux. Surtout que la compétition va commencer assez vite. On s’y habitue.

Comment s’est passée votre arrivée dans la bulle? 

On est arrivés le 8 juillet. On s’est fait tester directement et on est tous allés dans nos chambres. On devait rester dans nos chambres pendant 36 à 48 heures. Ils nous ont amené la nourriture devant la porte à des heures fixes. On s’est fait de nouveau tester le soir d’après. Une fois qu’on avait les deux résultats négatifs, on était aptes à se balader dans le campus.

Quelles sont les activités dans le campus?

On dispose d’un service de conciergerie qui permet de réserver des activités sur le site. On peut faire de la pêche, du golf, et la piscine est également ouverte. On a des vélos à disposition. Ils essayent de nous proposer un programme où tu as plusieurs choix. Il y a une salle de jeux au dernier étage, avec des jeux de cartes ou des jeux vidéos. Si t’es un gars qui aime les jeux vidéo, tu ramènes tout ton équipement comme moi. J’ai tout ramené, dont ma PlayStation. L’avantage, c’est que je ne suis pas le seul à l’avoir fait. Il y a Rudy (Gobert), Evan (Fournier) et d’autres gars qui jouent aussi. Donc ça nous permet de jouer entre nous.

Comment gardez-vous le contact avec vos familles?

On a beaucoup de temps libre du fait que la salle n’est pas disponible 24h/24. On a des créneaux de trois heures dans la journée et une séance d’une demi-heure dans la soirée. Si tu t’entraînes à 9 heures, t’as rapidement plus rien à faire de la journée. Cela permet de faire tes affaires, d’appeler ta famille. Moi, ma femme, je l’ai au téléphone tous les jours de toute façon. J’appelle ma mère aussi.

Comment ça va se passer justement pour vous au moment où votre femme sera sur le point d’accoucher? Vous pourrez sortir et entrer de nouveau dans la bulle?

Pour l’instant je n’ai pas encore parler de cela. Je vais aller voir le gars de la NBPA (Syndicat des joueurs - Association des joueurs de la NBA) aujourd’hui pour en parler, pour savoir un peu comment ça se passe. L'accouchement d’un bébé n’est pas à une date sûre. Si ça arrive demain, comment on va faire? J’ai plein de questions comme ça à lui poser. Je vais voir ça avec lui. Mais normalement, tu peux partir de la bulle. Pour les cas comme ça, quand tu reviens après, tu repars sur une quarantaine de quatre jours. C’est la même chose à chaque fois. je pense que quand tu reviens dans la bulle, tu dois avoir les deux résultats négatifs aux tests pour être ré-intégrer. Vous imaginez? Tu joues les play-offs, tu ne peux pas t’absenter 14 jours. C’est compliqué. Après je ne sais pas si je pourrais revenir. Tout dépendra de comment se passe l’accouchement. C’est sûr que je ne laisserai pas ma femme si ça se passe mal. Je pense que ça se fera sous une semaine: le temps que j’y aille, que je reste un peu avec elle et l’enfant.

Comment se déroule l'aspect sanitaire dans la bulle?

On est testés tous les jours. On a des créneaux horaires pour se faire tester. Cela prend cinq minutes. Ils prennent notre nom, prénom et on fait le test. Au-delà de ça, le port du masque est obligatoire. Il y a des pancartes tous les dix mètres pour nous le rappeler. On a du gel hydroalcoolique à disposition tous les dix mètres aussi pour se laver les mains. Il faut respecter la distanciation sociale: rester à deux mètres les uns des autres. Tout est fait pour que ça soit sécurisé. Je pense que tout le monde est assez grand dans cette bulle pour comprendre qu’on ne doit pas se faire des câlins.

Aucun joueur n'a manifesté de crainte?

Non, je ne pense pas, il n’y a pas de peur. En réalité, personne n’a envie de l’attraper. La bulle est relativement étanche. Il n’y a pas eu de cas pour l’instant.

Est-ce vrai que la NBA a mis en place une hotline afin de dénoncer les personnes qui ne respectent pas le protocole sanitaire?

Je ne sais pas. Pour tout vous dire, je n’ai même pas le numéro de la hotline! (rires) S’il y a des coéquipiers qui sont assez bêtes pour balancer, c’est que ce ne sont pas de bons coéquipiers. Je ne sais pas pourquoi ils l’ont mis. En gros, ils te demandent de balancer ton pote. En tout cas, moi je n’appellerais pas la hotline.

Vous ne vous ennuyez pas au quotidien?

Non, ça va. Je ne suis pas difficile, non plus. Je suis assez casanier comme type. Une fois que j’ai fini mon entraînement, soit je fais mes soins, soit je me cale devant la PlayStation. Le temps passe relativement vite en réalité.

Vous faites des concours de natation avec vos coéquipiers apparemment?

Oui! Cela faisait cinq jours que je ne faisais pas grand-chose. Je me suis dit: 'Allez on va à la piscine! On va aller faire quelques trucs.' Tu sais, il y en a toujours qui se sont sentis pousser des ailes. (rires) J’ai dû leur montrer que non! (rires)

Sur le plan du jeu, où en sont les Celtics? Vous sentez-vous prêts pour affronter les playoffs?

On voit des bonnes choses à l’entraînement en tout cas. On voit qu’il y a des automatismes, que ça joue bien. On voit aussi qu’il y a de l’envie. Il y a cette mentalité qui fait que l'on doit se pousser entre nous. Ça revient petit à petit, après trois mois d’arrêt. C’est de bon augure. On sera prêts!

Propos recueillis par Cyril Méjane