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Parker : « J’ai failli perdre mon œil »

Tony Parker

Tony Parker - -

EXCLU RMC SPORT. Gravement blessé à un oeil dans une boite de nuit de New York, Tony Parker n’exclut pas un forfait pour les JO. Il sera examiné par un spécialiste choisi par les Spurs, qui décideront s’il peut rejoindre l’équipe de France.

Tony, comment va ton œil une semaine après ton retour en France ? Il semblerait qu’il y ait quelques complications…

C’est vrai, ça ne se passe pas comme je l’avais imaginé. Lorsque j’ai donné ma conférence de presse vendredi dernier après avoir effectué un passage aux urgences à la descente de l’avion, je ne pensais pas que ça allait être aussi grave. J’ai effectué des examens supplémentaires le vendredi après-midi et ils ont trouvé un bout de verre qui avait pénétré à 99% l’œil gauche. Je peux le dire aujourd’hui, j’ai failli perdre mon œil. J’ai donc été opéré le dimanche matin sous anesthésie générale. C’est pour ça que je suis resté sur Paris au lieu de rejoindre l’équipe de France à Pau le 20 juin comme je l’avais annoncé.

Un forfait pour les JO de Londres est-il envisageable ?

A la demande des Spurs, je rentre aux Etats-Unis le 5 juillet. Je n’ai pas le droit de voyager avant cette date sur un long courrier. Je vois un spécialiste à New York avec l’espoir d’obtenir l’accord de disputer les Jeux Olympiques. Les Spurs sont très inquiets. En fonction des résultats, on peut tout imaginer dont un forfait. La décision ne m’appartient plus. Elle est entre les mains du médecin et de San Antonio.

Tu n’as pas l’impression d’être dans un mauvais film ?

J’hallucine. Je viens de passer huit jours enfermés dans mon hôtel. Je n’avais pas le droit de sortir pour éviter une infection. J’ai eu tellement peur que je n’ai pas quitté ma chambre. Je me suis posé énormément de questions. Je n’arrive pas à croire que ça m’arrive à un mois des Jeux alors que ça fait depuis deux ans que je n’ai rien eu avec les Spurs ou en équipe de France. Toutes les deux heures, j’ai cinq produits différents à me mettre dans l’œil. Je remercie en tout cas le Professeur qui m’a suivi d’avoir sauvé mon œil.

« Attendre le 5 juillet pour un feu vert »

Quel sentiment prédomine lorsque l’on t’annonce l’opération ?

La peur s’installe. C’est tellement fragile un œil… J’ai halluciné sur le moment, je n’arrivais pas à le croire. Mais c’est la vie. J’étais au mauvais endroit au mauvais moment. Je n’ai pas eu de chance mais dans mon malheur, je m’en sors bien. Ça aurait pu être pire. La suite de ma carrière n’est pas remise en question. Je dois juste attendre que la lésion se résorbe.

Rejoins-tu tout de même l’équipe de France aujourd’hui ?

J’arrive ce soir à Pau. Même si je n’ai pas le droit de m’entraîner, je souhaite être avec le groupe. Sans mauvais jeu de mot, c’est important à mes yeux de passer du temps avec les gars. Il faudra attendre le 5 juillet et le feu vert du docteur américain pour retrouver les parquets. Donc au meilleur des cas, je serai d’attaque à mon retour en France le 7 juillet. Cela signifie que je dois déclarer forfait pour les quatre premières rencontres (le 27 juin à Pau face à l’Italie, le 28 juin à Boulazac face à l’Italie, le 29 juin à Toulouse contre la Côte d’Ivoire et le 7 juillet à Orléans contre l’Angleterre). Ça me laissera donc seulement trois semaines de préparation jusqu’au premier match le 29 juillet face aux Etats-Unis. Et pour éviter tous nouveaux problèmes, on me verra sur les parquets avec des lunettes de protection.

As-tu porté plainte contre la boîte de nuit à New York comme cela a été annoncé ?

Oui, c’est vrai. Je n’ai pas le droit d’en parler puisqu’une procédure est en cours. C’est désormais entre les mains de mon avocat.