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Piétrus : « La vie n’a pas toujours été facile »

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Quelques jours après avoir perdu la finale NBA face aux Lakers de Los Angeles, le Frenchy des Magic nous reçoit chez lui à Orlando.

15 heures 30, Tildens Grove. Une banlieue chic à quarante-cinq minutes du centre ville d’Orlando. Une code d’accès pour ouvrir le portail, un bonjour au gardien de ce ghetto pour riches, Mickael Piétrus arrive au volant de sa voiture noire, qu’il fera laver quelques minutes plus tard. La vie du Guadeloupéen depuis le début de la saison est ainsi faite : cool, sans prétention. Une simplicité visible à l’intérieur de la maison qu’il a acquise cette année.

Dans l’entrée, des messages laissés par les fans dans sa boite aux lettres. Une décoration sobre, un style épuré où le calme de ce nid douillet est symbolisé par les nombreuses photos de son fils Evan, bientôt 2 ans mais resté en France. « Ma vie a beaucoup changé depuis sa naissance. Je suis plus responsable et ça me touche à chaque fois que je le vois. Je me dois de lui montrer une bonne image », témoigne le basketteur, des trémolos dans la voix. Pour garder le contact, une chaîne autour du cou avec la photo de son fils.

L’enfance du basketteur reste ancrée dans sa carrière et dans sa progression. Un père qu’il n’a jamais connu, une mère qui décède alors que Mike n’a que 7 ans « La vie a été dure pour moi. Quand vous avez cet âge, vous êtes perdu et vous n’avez pas de but dans la vie. Vous ne savez pas comment gérer une telle situation. Mais je sais aujourd’hui qu’elle est fière de moi. » Au bord de la piscine, la voix posée, Piétrus poursuit le film de sa vie et expose ses convictions « Je suis très croyant. Si Dieu n’avait pas fait tous ces sacrifices, nous n’en serions pas là. C’est Dieu qui m’a donné les qualités pour être en NBA. »

« Dieu m’a donné les qualités pour être en NBA »

A 27 ans, le Français est aujourd’hui à l’abri du besoin avec son contrat de 22 millions de dollars, mais n’en oublie pas ses racines. Sur la table de la cuisine, un plat de poulet grillé, rôti par ses soins dans le barbecue maison. Le natif des Abymes œuvre aujourd’hui pour les « Gwada Boys ». Un camp de basket chaque été, un jeu concours pour faire découvrir aux américains cet île des Caraïbes et le paradoxe de se retrouver plus proche des Antilles « La Floride me rapproche de la Guadeloupe. Mais je dois trouver beaucoup plus de billets pour les matchs que lorsque j’étais à Golden State. Si la maison est assez grande, le garage est trop petit pour loger tout le monde. Y a beaucoup de squatteurs », sourit le français qui déguste une belle tranche de saucisson. « C’est de l’import, il ne faut pas le dire ! »

L’ancien Palois dit « profiter de chaque instant de la vie » car elle ne l’a pas ménagé. Dans un dernier clin d’œil, l’intéressé se définit comme un homme sans vraiment de qualités mais avec un gros défaut : « Je suis trop beau gosse ».

La rédaction - François Giuseppi