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Seraphin : « Revenir en équipe de France l’an prochain »

Kevin Seraphin

Kevin Seraphin - -

Invité de Basket Time sur RMC, Kevin Séraphin a fait le point sur sa situation avec l’équipe de France. Le pivot des Wizards, qui a choisi de faire l’impasse sur le prochain Euro, va rester travailler à Washington cet été. Pour mieux revenir chez les Bleus.

Kevin, vous avez décidé de ne pas participer à l’Euro avec l’équipe de France en septembre prochain en Slovénie. Qu’est-ce qui a motivé votre décision ?

Mon équipe n’est pas favorable à ça. Ils n’ont pas le droit de m’en empêcher donc forcément, ils ne l’ont pas annoncé. Mais ils me l’ont fait comprendre. L’année prochaine sera importante pour moi. D’ailleurs, je ne suis pas le seul joueur français à avoir décliné la sélection. L’an prochain, mon équipe visera les play-offs. Je fais partie du futur de l’équipe. Je sais qu’ils misent beaucoup sur moi donc je veux mettre toutes les chances de mon côté. Maintenant, je ne dis pas qu’on ne peut pas progresser en équipe de France. Mais quand je suis en sélection, je ne cherche pas à progresser de mon côté, je cherche à faire gagner l’équipe et aller le plus loin possible. Je vais me concentrer sur moi. Je n’ai pas envie de quitter la NBA au bout de 4 ans ou d’être un joueur avec du potentiel qui ne confirme pas. Je n’ai que 23 ans. Je compte revenir en équipe de France dès l’année prochaine. Mais cette année, je pense que c’est important pour moi.

Vos dirigeants vous ont donc fait comprendre que votre intérêt était de rester à Washington cet été ?

Oui, on m’en a parlé. On m’a dit que ça serait mieux pour moi de rester cet été et de développer mon jeu. Ils n’ont rien contre l’équipe de France. Mais ils m’ont conseillé de rester pour progresser et travailler sur moi. C’est vrai que ce ne sera pas de la compétition. Mais j’essaie juste de passer un cap. Je n’ai pas forcément eu la chance de Tony (Parker) ou de Nicolas (Batum) d’arriver dans une équipe où on leur a donné les clés. J’essaie d’obtenir ça justement. Peut-être que ce sera pour Washington. Ou peut-être que demain, je jouerai je ne sais pas où. Mais je veux vivre sans regret. Au moins, je me serais donné une chance. 

Vous avez conscience que les Bleus viseront la médaille d’or à l’Euro…

Je sais. Maintenant, ça tombe dans une année particulière pour moi. A ce que je sache, Joakim (Noah) a fait la même chose l’année d’avant pour son contrat. Ian Mahinmi et Tony aussi. Parce que je suis dans une petite équipe, je suis censé me taire ? Je me suis toujours battu pour l’équipe de France. Je reviendrai, c’est sûr. Mais aujourd’hui, j’ai envie de rester travailler à Washington. J’ai des projets.

Avez-vous des contacts avec d’autres franchises pour les années à venir ?

Je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir. Mais il y a un proverbe qui dit que quand tu joues en NBA, tu joues pour 30 équipes parce qu’à tout moment, tu peux te retrouver dans une autre équipe. Je sais que j’intéresse déjà beaucoup de franchises. Ensuite, ça sera du business. A la fin de la saison prochaine, d’autres équipes pourront me proposer un contrat mais Washington pourra s’aligner. Dans deux ans, je serai totalement libre.

Jason Collins, votre ancien coéquipier chez les Wizards, est devenu le premier athlète en activité dans un sport majeur aux Etats-Unis a révélé son homosexualité. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Je respecte, mais c’est vrai que je suis choqué. Je suis étonné car je ne m’attendais pas à ça de Jason. J’étais avec lui tout le temps, on était tout le temps ensemble. Il ne fait rien de bizarre, il est très normal, je ne m’attendais pas à ça.

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Monclar : « Les Wizards, c'est la loose totale ! »|||

Dans Basket Time sur RMC, Jacques Monclar n’a pas caché son incompréhension devant le choix de Kevin Seraphin de faire l’impasse sur le prochain Euro pour travailler dans sa franchise. « Kevin sait que je l’adore mais quand j’ai quelque chose à dire, je le dis. Qu’on n’aille pas en équipe de France parce qu’on n’a pas envie ou qu’on ne s’entend pas avec le coach, je comprends. Qu’on dise qu’on progressera plus en travaillant à Washington, je suis sûr que cela n’est pas vrai, lance le membre de la Dream Team RMC Sport. Jouer contre des pivots européens, être investi et responsabilisé, surtout si Joakim Noah n’est pas là, et avoir un objectif de médaille d’or, c’est beaucoup plus intéressant que de faire du face-à-face avec quelqu’un dans une salle. Kevin dit qu’il ne veut pas se retrouver "je ne sais pas où". Mais il y est "je ne sais pas où" ! Les Wizards, c’est la franchise de la loose totale ! Tes minutes, tu les as eues au début et après beaucoup moins ! Je n’ai pas compris pourquoi. Et tu es en vacances depuis le 20 avril. Tu bosses du 20 mai jusqu’au 15 juillet et ensuite viens valider tes progrès avec l’équipe de France et tu en ressors plus fort. Elle était là la bonne histoire. »