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« Shaq », un monument à la retraite

Shaquille O’Neal

Shaquille O’Neal - -

L’un des plus grands joueurs de l’Histoire de la NBA a tiré sa révérence mercredi soir, à 39 ans. Fantasque, drôle, Shaquille O’Neal était avant tout un joueur extraordinaire. Son influence sur les deux dernières décennies, soulignée par ses quatre bagues de champion, a été considérable.

Les parquets de NBA ont été classés rouge pendant dix-neuf ans. De l’automne 1992 au printemps 2011, un autobus était souvent coincé sous les panneaux. Ses dimensions généreuses en interdisaient l’accès. Ils sont passés au vert depuis quelques heures. Désormais, ce sont les carrefours de Los Angeles et Miami qui pourraient être encombrés. Par un agent de police, puisqu’il a passé ses diplômes, pas tout à fait comme les autres. Shaquille O’Neal, 39 ans, a annoncé sa retraite via un message sur son compte Twitter mercredi soir.

C’est un monstre de 2m16 et 147 kg qui rangent les baskets et peut, désormais, se consacrer à ses multiples activités. « C’était un joueur exceptionnel, explique Jacques Monclar. Un gars de 2m16, fort comme un ours et qui court comme un lapin. Avec un état d’esprit, un humour, une manière de vivre très drôle. L’homme magnifiait le joueur. Il est unique. » Numéro 1 de la draft en 1992, à sa sortie de l’université de Louisiana State, il a d’abord fait les beaux jours d’Orlando jusqu’en 1996.

« Depuis Wilt Chamberlain (ndlr : 2m16, 1959-1973), on n’avait jamais vu un joueur aussi dominant et aussi différent physiquement, rappelle l’ancien joueur et entraîneur du CSP Limoges. C’est un joueur qui a changé le visage de la Ligue. » Et celui des Lakers. Grâce au Shaq, de 1996 à 2004, et au jeune Kobe Bryant, la franchise californienne renoue avec son glorieux passé. Trois titres NBA consécutifs, en 2000, 2001 et 2002, consacrent l’immense Shaquille O’Neal (23,7 points et 10,9 rebonds de moyenne en carrière), désigné meilleur joueur des finales à chaque fois.

Monclar : « Un homme heureux »

Fâché avec l’individualiste Kobe Bryant, il retrouve ensuite la Floride et aide Dwyane Wade à mener le Heat de Miami au titre 2006. En fin de parcours, gêné par des blessures à répétition, il va quand même soutenir Steve Nash à Phoenix (2007-2009) et LeBron James à Cleveland (2009-2010), avant un dernier tour de piste à Boston cette saison. Un parcours exceptionnel, avec 28 596 points au compteur, 15 sélections au All-Star Game, un titre olympique (1996) et un énorme succès médiatique. Et pourtant…

« Il aurait pu faire beaucoup mieux s’il avait été plus travailleur, souligne Jacques Monclar. Aux lancers-francs, on avait l’impression d’un basketteur qui tirait avec un pamplemousse ou un melon. Avec ses grosses ‘‘papattes’’ sur le ballon, c’était difficile de cadrer. Et l’été, le Shaq était capable de prendre 20 kilos. Il s’attardait un peu trop sur les tacos et les burritos et il revenait hors de forme. Mais quelque chose me dit qu’on n’a pas fini d’en entendre parler. » Si Shaquille O’Neal quitte les lumières des salles NBA, « en homme heureux », dixit Monclar, il n’a pas fini de faire le spectacle.

Laurent Picat