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Vaty : « Je pensais que c’était une blague »

Ludovic Vaty

Ludovic Vaty - -

EXCLU RMC SPORT. A seulement 24 ans, Ludovic Vaty a été contraint de mettre un terme à sa carrière en raison d’une pathologie cardiaque incompatible avec le sport de haut niveau. L’ex-international français (9 sélections) raconte son calvaire pour la première fois, au micro de Basket Time.

Ludovic, comment allez-vous physiquement ?

Je vais bien. On va dire qu’il faut que j’y aille doucement. Jusqu’à novembre ou décembre, je n’ai rien le droit de faire. Pas de sport, rien. C’est pour voir comment je réagis au traitement. Après, on verra ce que j’ai le droit de faire ou pas. En novembre ou décembre, on va savoir si je peux recourir un petit peu.

Comment la nouvelle vous a-t-elle été annoncée ?

Pour un cardiologue, annoncer une nouvelle comme ça, ça devient peut-être une routine donc il n’y plus la délicatesse attendue. Mais on va dire qu’il y aurait pu avoir mieux.

Quelle a été votre réaction à ce verdict ?

Quand le cardiologue m’a dit ça, j’ai rigolé. Je pensais que c’était une blague. On t’annonce ça du jour au lendemain, tu ne t’y attends pas, il n’y a pas eu de signes pour t’avertir. Forcément, c’est le choc. Tu te dis : « Non, ce n’est pas vrai ! C’est un cauchemar, ce n’est pas possible ! ». C’est le cardiologue de Lille qui m’a détecté ça. Deux jours après, j’ai été voir un autre cardiologue à Rennes, on a refait les tests, et on m’a dit que le premier cardiologue avait bien vu. C’est là où j’ai vraiment compris que c’était fini. J’étais énervé, dégouté, déçu, un peu de tout. On se dit : « Pourquoi moi ? »

Vous a-t-on interdit formellement de pratiquer le basket ?

C’est une précaution. On ne m’a pas dit formellement d’arrêter le basket, mais c’est conseillé. En gros c’est : « Vous pouvez, mais vous ne pouvez pas ». Pour moi, c’est la santé avant tout. C’était impossible de continuer comme ça, même si ça fait mal.

Avez-vous digéré cette retraite forcée ?

Jusqu’à maintenant, c’est un peu dur. Mais j’essaie d’avancer. Je me dis qu’il y a plus grave que moi, même si ça fait mal de stopper comme ça, surtout que j’étais bien parti. Mais c’est la vie, maintenant ça va être un nouveau challenge pour moi.

« Coach ? Qui sait ? Je suis en mode réflexion »

Comment avez-vous vécu ces derniers mois ?

Il y a vraiment des hauts et des bas et des questions qu’on se pose maintenant et qu’on ne se posait pas forcément avant. Dans quoi je vais pouvoir me relancer ? Est-ce que ça va me plaire autant que de jouer ? Ce sont toutes ces questions qu’on se pose. Mais je suis bien entouré pour y répondre donc, pour l’instant, j’essaie de faire avec. Il n’y a pas le choix. Mais je suis très soutenu, ça m’aide énormément à pouvoir avancer. 

Les messages de soutien à l’annonce de votre retraite vous ont-ils touchés ?

Ça m’a beaucoup marqué parce que je ne m’y attendais pas du tout. Je tiens à remercier les gens pour tout ça. Ça fait énormément plaisir et ça rebooste. Ça m’a redonné le sourire. Je me dis que je ne suis pas tout seul. Les joueurs proches de moi comme Edwin (Jackson), Alexis (Ajinça) ou d’autres, ça les a vraiment touchés. Et ça m’a encore plus touché. Je ne m’attendais pas à ce que ça entraîne autant de compassion.

Avez-vous une idée de ce que vous allez faire désormais ?

J’ai quelques pistes pour répondre à mes questions et maintenant c’est à moi de chercher plus loin. Coach ? Qui sait ? Je suis en mode réflexion.

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez remis les maillots aux joueurs de l’équipe de France, avant le match face à la Finlande (101-93), vendredi ?

Beaucoup d’émotions car l’année dernière j’étais là, à table en train de manger avec eux pour jouer après. Beaucoup de souvenirs sont remontés. Beaucoup de gars qui étaient en juniors avec moi sont là et ça fait encore plus mal. Mais c’est comme ça, c’est la vie…

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