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A travers la Flandre : émotion et crainte après les attentats

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Au lendemain des attentats de Bruxelles, la course cycliste A travers la Flandre s’est tenue dans une ambiance de recueillement ce mercredi en Belgique, sous les yeux de nombreux spectateurs. S’ils n’ont pas eu peur pour leur sécurité, les coureurs redoutent le procédé des attentats qui pourrait viser leur mode de travail, fait de déplacements et de transits.

Un temps incertaine, la course A travers la Flandre a été maintenue ce mercredi au lendemain des attentats qui ont causé la mort de 31 personnes à Bruxelles. Et l’ambiance était lourde au départ de la classique flandrienne, avec une présentation des équipes tout en sobriété et dans un calme inhabituel alors que le speaker donne en général de la voix pour faire monter la pression. Mais l’heure n’était pas vraiment à la fête. Plutôt au recueillement avec deux minutes de silence poignantes - une au départ fictif et une au départ réel - respectées dans une grande émotion par le public et les coureurs, qui portaient tous le brassard noir du deuil.

« Ça a choqué tout le monde, témoigne Dominique Arnould, directeur sportif de Direct Energie. On ne savait pas si la course allait être maintenue la veille. Finalement, elle est partie et c’est tant mieux pour tout le monde. Au départ, c’était le recueillement général. Nous, Français, avons connu ça et cette fois-ci, ce sont nos amis belges. » L’émotion s’est dissipée une fois le départ donné et le public belge a participé en répondant présent sur les bords des routes.

Coquard : « On pense toujours aux attentats, les cyclistes en particulier »

« Nous, coureurs, avons essayé de livrer un beau spectacle pour les supporters qui s’étaient déplacés, pour essayer de leur changer les idées et montrer à tous les terroristes que la vie continue, témoigne Bryan Coquard, sprinteur de l’équipe Direct Energie. La Belgique était encore présente pour acclamer ces champions cyclistes et faire vivre ces classiques flandriennes qu’elle aime tant. » Avec un dispositif de sécurité renforcé, la course est allée à son terme sans le moindre problème. « Il y avait beaucoup de policiers, témoigne Coquard. C’était important dans ce moment difficile. C’est une bonne chose que la course ait eu lieu pour montrer que malgré les actes terribles, on ne cède pas à la panique. »

Plus que sa sécurité sur la course, le peloton craint davantage le mode opératoire des attentats perpétrés mardi, avec des kamikazes qui se sont faits exploser à l’aéroport de Bruxelles et dans une station de métro. « On pense toujours aux attentats, les cyclistes en particulier, confesse Coquard. Toutes les semaines, on est en transit dans les aéroports, les gares ou les métros. Ça nous fait forcément peur et ça fait réfléchir. Mais pendant la course, on avait envie de rendre hommage aux victimes, on n’a pas pensé à tout ça. » Deuxième à l’arrivée derrière le Belge Jens Debusschere, Bryan Coquard a vécu cette défaite comme un hommage. « J’étais déçu de ne pas gagner mais c’est bien que ce soit un Belge qui gagne aujourd’hui après les évènements tragiques d’hier. »