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Affaire Armstrong : l’UCI désavoue l’AFLD

L'UCI a clairement pris partie aux côtés du cycliste américain, qui fait l'objet d'une enquête de la part de l'AFLD.

L'UCI a clairement pris partie aux côtés du cycliste américain, qui fait l'objet d'une enquête de la part de l'AFLD. - -

Par la voix de son président Pat McQuaid, l’Union cycliste internationale a déclaré vendredi à nos confrères de la BBC que les « Français n’avaient pas été professionnels ».

L’UCI, déjà en retrait depuis le début de l’affaire du contrôle de Lance Armstrong le 17 mars dans le Sud de la France, a clairement manifesté vendredi son manque de soutien envers l’Agence française pour la lutte contre le dopage (AFLD). Le patron de la fédération internationale a qualifié la manière dont l’AFLD avait géré le 24e contrôle antidopage de l’Américain depuis l’annonce de son retour, de « peu professionnelle ». Dans l’entretien accordé à la BBC, l’Irlandais a mis en cause les « fuites » de l’affaire dans la presse. McQuaid a également conforté le coureur Astana et son manager Johan Bruyneel qui avaient laissé le préleveur vingt minutes à l’extérieur des appartements d’Armstrong, de passage en mars sur la Côte d’Azur pour reconnaître certaines portions du prochain Tour de France. « Armstrong avait le droit de prendre une douche (le coureur revenait d’un entrainement, ndlr) pendant que son manager prenait des renseignements auprès de l’UCI sur l’identité du préleveur. (Bruyneel) m’a appelé et je l’ai mis en rapport avec notre responsable antidopage (Anne Gripper, ndlr). »

Le patron de l’UCI, qui s’était réjoui en septembre, « dans l’intérêt du cyclisme », du retour du septuple vainqueur de la Grande Boucle après une mini-retraite de trois ans, s’est enfin étonné des prélèvements capillaires effectués par l’AFLD sur le Texan. « C’est inhabituel. Ça n’arrive qu’en France, et c’est mené dans le cadre de recherches scientifiques. Armstrong se demandait si le médecin était habilité à lui prélever des cheveux. » Les prélèvements de phanères (poils et cheveux), réalisés pour la première fois depuis cette année, permettent d’identifier la présence de substances interdites (notamment la testostérone exogène), sur plusieurs mois dans le corps. Pour autant, la loi française, ne prévoit pas de sanctions disciplinaires en cas de positivité. Les résultats sont utilisés par l’AFLD pour affiner son ciblage dans son programme de contrôles. Cette méthode n’est pas reconnue par l’Agence mondiale antidopage (AMA). Une portée limitée que Pat McQuaid n’a pas manqué de relever : « L’AFLD est seul responsable de ces contrôles et d’éventuels manquements (au Code mondial antidopage). »

La balle est clairement dans le camp de l’Agence et de son président Pierre Bordry. Le Collège de l’AFLD, constitué de scientifiques, juristes et personnalités issues du monde sportif, sera réunit dans les prochains jours pour décider de la suite à donner à cette affaire. L’Agence étant compétente pour infliger des sanctions disciplinaires aux personnes non licenciées en France s’entrainant sur le territoire national, Armstrong pourrait se voir infliger une sanction. Si c’était le cas, reste à savoir laquelle. L'Américain a prévu de participer au Tour de France.

La rédaction - Louis Chenaille