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Andy Schleck, toujours à la dérive...

Andy Schleck

Andy Schleck - -

Depuis son retour de blessure, Andy Schleck enchaîne les contre-performances, à des années-lumière de son niveau de 2011. Le Luxembourgeois, encore en difficulté ce dimanche au Critérium international, espère retrouver ses sensations avant le Tour de France.

L’ombre de lui-même. A croire que le maillot jaune du Tour 2010, qui lui a été remis des mains de Christian Prudhomme en mai dernier à la suite du déclassement d’Alberto Contador, avait quelque chose de maudit. Depuis, Andy Schleck (27 ans) n’y arrive plus. En juin 2012, il se fracture le bassin en chutant lors du contre-la-montre du Dauphiné. Sanction sans appel : il doit déclarer forfait pour le Tour de France et les Jeux de Londres. Une déception immense – c’est aux bords des larmes qu’il avait annoncé la nouvelle – dont il ne s’est pas encore remis. A court de forme (relégué à 22 minutes ce dimanche au col de l’Ospedale) et surtout infiniment marqué psychologiquement, le retour du longiligne Luxembourgeois fait peine à voir, au regard du coureur véloce et offensif qu’il a été.

Depuis le 2 octobre 2012, date de sa réapparition sur un vélo, le grimpeur enchaîne les abandons et les prestations sans relief. En février, lorsqu’il achève enfin une course, lors du Grand Prix Citta Camaiore, il pointe à une indigne 91e place qui ne rassure pas quant à son retour au sommet. Il y a quelques jours, un député français a même raconté l’avoir vu ivre dans un hôtel de Munich… « Je ne juge pas, mais honnêtement, il me fait… pas de la peine, mais ça m’ennuie de le voir galérer comme il galère en ce moment, confie Pierre Rolland (Europcar) entre deux étapes du Critérium international ce week-end. Je pense que son grand problème, c’est qu’il a peur dans le peloton. »

A. Schleck : « Ça peut changer vite »

Pierre Rolland a vu juste. Si les jambes ne moulinent plus aussi vite, c’est bien sous le casque que le bât blesse, comme l’avoue le plus vraiment leader de Radioshack : « Le vélo, ce n’est pas que la condition physique, c’est aussi le mental. Il faut savoir garder sa position quand ça frotte dans le peloton. C’est ça dont je manque, c’est pour ça que je roule beaucoup et je travaille là-dessus, en espérant que ça revienne. » Le compte à rebours est donc lancé, à trois mois du Tour de France, lors duquel il espère sortir, enfin, sortir du tunnel.

« Il y a des coureurs qui disent qu’il ne reste que trois mois, mais on peut aussi dire qu’il reste encore trois mois. J’ai déjà été très mauvais au Tour de Suisse et puis très bon au Tour de France, ça peut changer vite, poursuit-il. Même si je n’ai pas eu des bons résultats, j’ai quand même vu des choses positives dans mes dernières courses. Et peu importe la forme dans laquelle je suis maintenant, mes objectifs, ce sont les classiques et le Tour. Je ne dis pas que je vais gagner mais je veux essayer d’avoir une bonne forme et on verra ce que je pourrai en faire. » Mais comme le dit très justement Christian Prudhomme, « il y a bien un moment où il va falloir qu’il fasse des progrès, s’il veut retrouver le statut qu’il avait avant ». Ce n’est pas sa performance ce dimanche sur les routes corses qui s’en chargera.

Alexis Toledano avec Georges Quirino