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Armstrong, encore des trous de mémoire…

Lance Armstrong

Lance Armstrong - -

S’il a avoué s’être dopé sur le plateau d’Oprah Winfrey, Lance Armstrong n’a pas levé le voile sur toutes les accusations dont il fait l’objet. L’Américain s’en est strictement tenu à la période 1999-2005.

Jeudi soir chez Oprah Winfrey, Lance Armstrong n’a pas perdu tous les réflexes qui lui avaient permis de tromper son monde pendant quinze ans. Le Texan de 41 ans a épargné son entourage, notamment le docteur Michele Ferrari. Mais surtout, il a menti lorsque l’animatrice d’OWN lui a demandé s’il s’était dopé après son retour à la compétition en 2009. « Non, je ne me suis pas dopé en 2009 et en 2010, c’est quelque chose qui m’a fait bondir quand j’ai lu le rapport de l’USADA. La dernière fois que j’ai franchi la ligne, c’est en 2005. » Faux, indique l’USADA, aidée par les carabiniers italiens.

Lance Armstrong a poursuivi sa collaboration avec le docteur Ferrari pendant les deux saisons, son fils Stefano jouant les intermédiaires. Selon les autorités transalpines, à cette époque, Ferrari encourageait ses coureurs à abandonner l’EPO en faveur des transfusions sanguines. Le leader de l’équipe RadioShack est resté entouré des mêmes personnes qu’à l’époque de l’US Postal et de Discovery Channel (Johan Bruyneel, Pedro Celaya, Pepe Marti).

La colère de Betsy Andreu

Il a également volontairement éludé les années précédant son cancer, l’époque dite Motorola. Les époux Andreu, Betsy et Frankie, qui a beaucoup compté pour la première victoire du Texan en 1999, ont relaté une conversation qui se serait tenue en octobre 1996 à l’hôpital d’Indianapolis. En présence de Betsy, Armstrong aurait expliqué aux médecins qu’il avait pris de l’EPO, de la testostérone, de l’hormone de croissance, de la cortisone, et des stéroïdes. Il a toujours démenti, traitant son ancienne amie de « folle » et de « salope ».

Chez Oprah, il a botté en touche. « Je ne veux pas revenir là-dessus, euh…, je lui ai demandé de ne pas rentrer dans les détails ». Armstrong et Andreu se sont parlé près de trois-quarts d’heure selon l’ex-coureur. Sur CNN, Betsy n’a pas digéré le numéro d’Armstrong. « Il a voulu protéger des proches ! » Comme l’a révélé le Wall Street Journal, qui a démontré les liens entre Armstrong et le patron de l’époque de l’UCI Hein Verbruggen, via l’homme d’affaires Thomas Weisel, la première moitié des années 90 est loin d’avoir été complètement exhumée par les enquêteurs. « Trop de questions ont été éludées », résume David Walsh, auteur de « L.A. Confidentiel » et plus récemment de « Sept pêchés capitaux ».

Louis Chenaille