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Armstrong, la larme à l’œil

Lance Armstrong

Lance Armstrong - -

Dans la seconde partie de sa confession chez Oprah Winfrey, vendredi soir aux Etats-Unis, l'Américain a joué la carte de l’émotion en parlant beaucoup de sa famille. Verbatim.

Lâché par ses sponsors et par… Livestrong
« Nike a appelé, ils m’ont dit qu’ils arrêtaient. Trek, Giro, tous les autres ont suivi en quelques jours. L’histoire était hors contrôle. Je savais d’une certaine manière que ça pouvait arriver un jour. Les seuls que je n’imaginais pas me lâcher étaient Livestrong. Quand ils m’ont appelé pour me dire de quitter la présidence…, et quelques semaines plus tard, un nouvel appel pour me retirer. « Lance you’re out », la fondation c’est comme mon 6e enfant. C’était le moment le plus difficile. J’ai touché le fond. Je fais face à mes démons, c’est le début du processus. » 

Le début d’un nouveau cycle
« Je n’aime pas ce type. Il se croyait vraiment invincible. Il est toujours là, je ne vais pas mentir et dire hé, j’ai un psy, ce n’est plus moi. (A propos de la photo avec ses 7 maillots twittée) C’était encore une erreur, un geste de provocation, et ce qui est le plus flippant, c’est que je pensais que c’était bien. Je dois des excuses à beaucoup de monde. Ceux que l’on connait : les LeMond, les Andreu, Hamilton, Landis, O’Reilly… A tous les autres, je dis que je comprends leur colère. Je suis désolé. Je consacrerais le temps qu’il faudra pour recevoir leur pardon. Durant toute ma vie, j’ai suivi une thérapie, de manière sporadique, alors que j’aurais dû faire ça sur une base régulière. Je ne suis qu’au début d’un processus. J’ai des remords, oui, absolument. J’ai du travail. Il n’y aura pas un changement radical. Je ne sais pas si je me redresserai. Je ne connais pas l’issue de tout cela. Ça m’aurait rendu fou par le passé, mais je suis meilleur. C’est la deuxième fois que ça m’arrive. La première, c’était après mon diagnostic du cancer. Je ne veux pas redéraper. C’est mon plus gros challenge. Je regarde ce que j’ai fait, j’ai menti, j’ai trahi, j’ai agressé. Je me suis égaré. Je suis optimiste. Je ne regarde pas le passé. Je suis comme ma mère. Je ne lui pose pas de questions sur mon père biologique. Elle est dévastée. Elle ne va pas m’appeler et me le dire, mais mon beau père m’a dit qu’elle traversait des moments difficiles. Je commence à comprendre que j’ai bousillé la vie de beaucoup de gens. »

« Je ne mérite pas la peine de mort »
« Je suis un compétiteur. J’ai fait ça toute ma vie. J’aime m’entrainer, j’aime les courses, même si je ne crois pas que cela puisse m’arriver de nouveau. Je ne parle pas du Tour de France, mais il y a plein de choses que je pourrais faire. Mais avec cette sanction, je suis bloqué. Je rêverais de pouvoir refaire de la compétition, et ce que je vais dire ne sera peut-être pas bien compris, mais j’y ai droit. Quand on regarde la sanction… Si j’avais pu négocier quelque chose en échange de 6 mois. Je ne dis pas que c’est injuste, mais j’ai été traité différemment. Je mérite d’être puni, mais je ne mérite pas la peine de mort. Je vais certainement devoir vivre avec ça. »

Kristin, Luke, sa famille
« Il y avait des gens qui voulaient arrêter tout ça, qui s’inquiétaient de ce qu’il se passait. Mais je ne crois pas qu’ils pouvaient faire quelque chose. Si je devais retenir quelqu’un, c’est Kristin. On est différent sur beaucoup de points, mais on a eu trois enfants ensemble (Luke 13 ans, Isabel et Grace 11 ans), ils méritent la vérité, un père qui est perçu comme quelqu’un d’honnête. Elle m’a dit OK pour parler ici. Elle devait savoir, mais n’a pas cherché à aller plus loin. Je lui ai demandé si je pouvais revenir à la compétition. Elle ma’ répondu « oui à condition de ne pas retomber dedans ». Je n’ai pas trahi cet accord. Je lui ai donné ma parole, et je l’ai respecté. Luke et ses sœurs ont entendu plein de choses, à l’école, sur les réseaux sociaux. Quand tout a commencé à devenir hors contrôle, j’ai vu mon fils prendre ma défense. J’ai compris que je devais parler, même s’il ne m’a jamais rien demandé. « Je veux que tu saches que c’est la vérité ». Ils n’ont pas dit grand-chose. Ils l’ont accepté. Je lui ai dit de ne plus me défendre. Il m’a simplement répondu qu’il m’aimait, que j’étais son père… Il n’a pas montré de colère. Dieu merci, il ressemble plus à Kristin qu’à moi. C’est pour mes enfants que j’ai plus que tout décidé de parler, d’arrêter tout ça. Pour les grands et pour les deux petits (Max 3 ans, Olivia 2 ans, avec la triathlète Hannah Hanson). »

Louis Chenaille