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Armstrong, un « condamné à mort » en sursis

Lance Armstrong lors du marathon de New-York en 2007

Lance Armstrong lors du marathon de New-York en 2007 - -

Suspendu à vie de toute compétition, Lance Armstrong a confié à Oprah Winfrey souffrir de cette radiation. Pour espérer disputer marathons et triathlons, le Texan n’a plus le choix. Il devra collaborer avec les instances et livrer des noms pour espérer voir sa peine allégée.

Si Lance Armstrong restera comme le plus grand tricheur de l’histoire du sport, nul ne peut lui contester son farouche et compulsif amour de l’exercice physique et sportif. Tombé dans la marmite dès son plus jeune âge, le Texan a toujours roulé, nagé, couru. Bref, sué sang et eau pour se dépenser sans compter. Depuis qu’il s’est définitivement retiré des pelotons, l’ancien meilleur espoir américain de la fin des années 80 en triathlon s’est remis à son sport de prédilection. Avec un certain succès sur les longues distances et un objectif majeur : briller à l’Ironman d’Hawaii, mais aussi « disputer comme à son plus jeune âge, le marathon de Chicago », comme il l’a confié à Oprah Winfrey.

Or, depuis la publication du rapport de l’USADA (l’agence américaine antidopage), l’ancienne icône de la marque à la virgule est suspendu à vie de toute compétition sportive. Tel un lion en cage qui s’éteint à petit feu. « J'aime avoir l'opportunité de faire du sport car bien sûr que je suis un compétiteur, a-t-il insisté. Je l'ai toujours été, c'est ce que j'ai fait toute ma vie. J'adore m'entraîner. J'adorer courir. Je pense que je mérite d'être suspendu vu ce que j'ai fait mais si ça avait été quelqu’un d’autre, il n’aurait pris que 6 mois. Or moi, on m’a banni à vie. C’est un peu comme une condamnation à mort. Je ne dis pas que c'est injuste, mais différent. Je méritais d’être puni mais est-ce que je méritais une condamnation à mort ? »

« Je veux reprendre la compétition »

Et de poursuivre, sans avancer les détails de sa stratégie et des négociations probablement en cours pour tenter d’y parvenir : « De manière égoïste, je l'espère. Mais je ne pense pas que cela arrivera.» Pour espérer réduire sa suspension et donc remettre un jour un dossard, l’ancien coureur n’a d’autre choix que de collaborer avec les instances dirigeantes sportives. Et balancer les noms de ses complices, aides, connexions, intermédiaires, alliés, fidèles soutiens et autres acteurs qui ont favorisé son règne sans partage sans jamais se faire rattraper par la patrouille antidopage. Sans oublier, évidemment, de dévoiler tous les rouages techniques du système qui l’a fait roi.

« J’ai déjà fait des come-back, a-t-il conclu l’air grave. Cela m'est déjà arrivé déjà deux fois et à chaque fois, j'étais un meilleur homme que je ne l'étais avant. C'est facile de dire qu'on peut changer, être différent, être un meilleur homme. Je peux de nouveau me perdre. Mais je veux reprendre la compétition. Ce sera mon gros challenge jusqu'à la fin de ma vie. » Bien plus compliqué que l’enchaînement de dix cols hors-catégorie…

Gérald Mathieu