RMC Sport

Aveux d’Armstrong : LeMond boit du petit lait

Greg LeMond

Greg LeMond - -

Black-listé par Lance Armstrong durant plus de dix ans, l’Américain Greg LeMond peut aujourd’hui savourer. Le triple vainqueur du Tour de France (1986, 89, 90) se réjouit du sort subi par le Texan et ne se prive pas de le tailler en pièces. Extraits.

Ennemi public numéro un de Lance Armstrong, Greg LeMond a patiemment attendu son heure avant de s’exprimer. Et sa réaction fut cinglante, à la hauteur du traitement que lui infligea l’ex-septuple vainqueur du Tour par presse interposée. « J’ai envie de vomir quand j’entends que vous ne pouvez pas gagner le Tour de France sans dopage, a lâché à Cyclingnews le triple vainqueur du Tour (1986, 89, 90). Si Armstrong avait donné à Floyd Landis et Tyler Hamilton les mêmes produits que ceux qu’il prenait, il n’aurait jamais gagné et tous les deux l’auraient même certainement battu ! »

Et d’ajouter, histoire de définitivement jeter aux orties les stupéfiantes performances de son cadet et de passer au broyeur de l’histoire ses (mé)faits d’armes : « Pour moi, à la base, Armstrong était un talent moyen. En étant propre, il ne se serait jamais imposé sur le Tour. Il peut remercier le dopage, l’EPO, la testostérone et les transfusions qui ont été un accélérateur de performance. »

« Il n’éprouve aucun remord »

Au-delà de l’aspect sportif et du système de dopage organisé mis en place par Armstrong, Greg LeMond –désormais unique coureur américain à avoir remporté le Tour de France- espère que ses derniers soutiens auront enfin vu le vrai visage du Texan, dont les aveux étaient calculés et aseptisés. « Je n’ai pas vu de sa part un vrai besoin de rédemption, le remord de quelqu’un qui est sincèrement désolé, analyse-t-il. Ca donne un éclairage supplémentaire sur lui et je pense que les gens auront bien vu qu’il n’éprouve aucun remord. »

Chantre de la lutte antidopage mis à mal par Armstrong en raison de ses positions tranchées, Greg LeMond voit aujourd’hui, à travers les aveux de l’ex-Boss du peloton, une lueur d’espoir personnelle. « Il m’a tenu hors de mon sport pendant dix ans, confie-t-il. Par crainte d’être interrogé sur Armstrong et le dopage, je ne m’approchais plus trop près du Tour. La seule chose que je pouvais dire, c’était : “ No comment “. Je me mettais alors à parler de mon Tour 1986…» Et si ASO et Christian Prudhomme avaient la bonne idée d’en faire leur invité d’honneur cet été sur les routes du Tour ?...