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Baugé : « Affronter Kenny en finale »

Grégory Baugé

Grégory Baugé - -

Triple champion du monde de vitesse individuelle, Grégory Baugé garde la tête sur les épaules en vue de sa quête du titre olympique. Le Guadeloupéen espère affronter Jason Kenny en finale et ainsi le battre, chez lui, à Londres.

Grégory Baugé, comment vous êtes-vous senti lors de cette première journée de vitesse individuelle ?

Je me suis bien senti même si ce matin (samedi, ndlr), ce n’était pas facile sur le 200m lancé. C’est un gros effort. Il faut tout donner. Je préférais la formule des Championnats du monde où les qualifications se passaient en début d’après-midi. En 1/16e de finale, je n’ai pas pu courir car mon adversaire a déclaré forfait (Zafeirios Volikakis). Le 1/8e de finale face au Japonais Seiichiro Nakagawa a été une formalité. Je n’ai pas laissé trop de forces pour demain et après-demain si Dieu veut.

L’ambiance est exceptionnelle dans ce London Velopark…

Quand je suis venu en février dernier (lors de la dernière manche de Coupe du monde), on a l’impression d’être dans un stade de foot anglais. A chaque fois, il y a des performances. C’est un truc de fou. Ça donne des frissons. Dès que les Anglais sont en piste, ils se surpassent.

Que pensez-vous du nouveau record olympique de Jason Kenny (9 secondes et 713 millièmes, ndlr) ?

C’est un très bon temps. Personnellement, je reste encore dans ma course. J’analyserai cela plus tard. Il faut poser la question au DTN (Isabelle Gautheron) et à tous les gens qui sont censés nous faire avancer comme des avions. On fera le bilan à la fin.

Est-ce un combat de boxe entre Jason Kenny et vous ?

C’est un combat avec tous les adversaires. En vitesse individuelle, ce n’est pas le chronomètre qui parle. Je fais deuxième, je suis content. Il a voulu envoyer un gros message à tout le monde. Je sais qu’il est prêt et j’espère l’affronter en finale.

Quel est le secret de la vitesse individuelle ?

Le mental. La stratégie entre aussi en jeu. C’est un tout avec la piste, l’état de forme de chaque coureur, les qualités et défauts de chaque adversaire.

Dans quel état d’esprit êtes-vous maintenant ?

Je suis calme comme un tigre. Une fois que je suis sur la piste, c’est autre chose. Je ne rigole pas, je suis là pour gagner. Je ne veux pas me faire avoir sur le sprint. Je ne compte pas être champion olympique en gardant mes crocs dans la bouche.

Propos recueillis par Georges Quirino à Londres