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Bonnafond : « Des conditions épiques »

Guillaume Bonnafond

Guillaume Bonnafond - -

Décor hivernal sur le Giro aujourd’hui. Les coureurs sont arrivés sous une tempête de neige pour la dernière étape de montagne aux Tre Cime de Lavarado… Une course que n’est pas prêt d’oublier Guillaume Bonnafond, le coureur d’AG2R La Mondiale, joint par RMC Sport.

Guillaume, comment vous avez vécu cette fin de course ?

Quand on a démarré, les conditions n’étaient pas trop mauvaises. Du coup, on est parti habillé modérément. Ensuite, il y avait une longue vallée à remonter et quand on est arrivé vers le 80ème kilomètre, on avait des infos sur l’arrivée par les kinés et les assistants qui étaient là-haut. Ils nous ont dit qu’il commençait à neiger et qu’il ne faisait pas chaud. A ce moment-là, on commence à s’habiller un peu en roulant. On anticipe parce qu’une fois que l’on a froid, c’est impossible d’enfiler quoique ce soit. Quand on est arrivé dans le dernier col, j’ai vu que les conditions étaient dantesques. Il n’y avait que de la neige. On sentait comme du grésille dans le visage, dans les yeux… ce n’était pas très agréable et il ne faisait pas très chaud. J’avais froid aux mains, les pieds qui commençaient à être gelés. De la neige commençait à tenir sur le vélo, sur les câbles, sur la casquette et plus on montait, plus ça empirait. C’était vraiment des conditions épiques.

Et malgré ces conditions, il y avait quand même du monde en haut du col…

Oui, c’était impressionnant. J’étais surpris de voir autant de monde vu les conditions. Ils étaient là avec des grosses vestes, des sacs poubelles pour se protéger un peu, des parapluies. Comme les voitures n’avaient pas le droit de monter, ils avaient tout fait à pied ou en vélo donc, c’était vraiment des courageux qui étaient là. Dans ces conditions, le public sent que l’on est en difficulté donc il est encore plus proche de nous et il essaye de nous aider au maximum. Il nous pousse sur 50m, il nous encourage.

Un dernier mot sur Vincenzo Nibali, vainqueur aujourd’hui, qui, malgré les conditions, domine ce Giro.

Il a été très régulier. Il a été très fort sur les épreuves chronométrées. Il n’a pas perdu de temps dans les épreuves de montagne. Il en a même pris. Il s’est tout de suite affiché comme le favori de la compétition. Son équipe était très forte et je n’ai pas l’impression qu’il ait été en réelle difficulté pendant ce tour. C’est quelqu’un qui est très adroit sur le vélo donc qu’il pleuve ou que les descentes soient périlleuses, ça ne lui pose pas de problème. Le Tour d’Italie est vraiment un Tour qui se prête à ce genre de coureurs.

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Propos recueillis par Vincent Delzescaux