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Présidence de l’UCI : frustration et espoir dans le peloton

Thomas Voeckler aux championnats du monde

Thomas Voeckler aux championnats du monde - -

A Florence, les coureurs qui disputent les championnats du monde ne se risquent pas à soutenir l’un des deux candidats à la présidence de l’UCI. Mais ne cachent pas qu’ils aimeraient peser davantage.

Pat McQuaid ou Brian Cookson ? Brian Cookson ou Pat McQuaid ? L’Union cycliste internationale connaîtra ce vendredi le nom de son président pour les quatre prochaines années. Un Irlandais, en poste depuis 2005. Ou un Anglais, aux commandes de la Fédération britannique depuis 1997. Le vainqueur dirigera le cyclisme mondial, prendra des décisions capitales pour l’avenir de ce sport et devra gérer un lourd passé. Le débat pourrait être vif et animé dans le peloton, premier concerné. Il le laisse relativement indifférent. « Pour être honnête, ce n’est pas vraiment quelque chose que je suis avec attention », reconnaît ainsi Bradley Wiggins. « Je n’ai pas regardé leurs programmes » avoue aussi Jérémy Roy.

« Moi, ce qui me préoccupe, c’est le championnat du monde, enchaîne Thomas Voeckler, en lice dimanche sur la course en ligne. L’élection, on verra bien. » Mais pour les coureurs, si l’identité du futur grand patron importe peu, sa volonté et l’espoir d'une nouvelle ère qu’il sera capable d’insuffler sont par contre primordiaux. « Je ne suis ni pour l’un, ni pour l’autre. J’espère surtout du changement, clame Jérémy Roy. Et des actions, que ce soit sur le calendrier, la refonte du ProTour ou la lutte antidopage. » Des choix. Forts et novateurs. C’est pour s’en assurer que le peloton aimerait que sa voix porte. Et compte. « Je trouve ça assez bizarre que les coureurs ne votent pas », regrette Thomas Voeckler, rejoint par Bradley Wiggins.

Cancellara : « Nous devons tous être intéressés par la politique de notre sport »

« Les coureurs sont toujours les derniers à être interrogés sur le sujet, peste l’Anglais, vainqueur du Tour de France en 2012. On n’a pas vraiment notre mot à dire. » « Quand on ne parle pas, on nous critique et quand on parle, c’est la même chose, poursuit Fabian Cancellara. Nous devons tous être intéressés par la politique de notre sport. Le cyclisme est le sport le plus magnifique du monde. Mais les choses ne vont pas bien parce qu’il y a trop de gens qui sont égoïstes. » La pression sera donc seulement sur les épaules des 42 super-électeurs qui représentent les 200 fédérations affiliées à l'UCI et qui voteront ce vendredi. Les coureurs, eux, attendront le discours du vainqueur. Enfin, ses actes. 

« On verra si c’est McQuaid ou Cookson. Je veux juste que les choses aillent dans la bonne direction » demande Fabian Cancellara. Ils ne votent pas, ne soutiennent personne. Mais les coureurs ont quand même un léger pressentiment. « Pour ce que j’en ai compris, Brian Cookson est plutôt bien parti pour se faire élire » glisse Bradley Wiggins. Pour Thomas Voeckler, « avec les années qu’on a passées, les évènements qui ont été révélés, chacun tirera ses conclusions ». Quant à Jérémy Roy, il remarque que « McQuaid a été attaqué de toutes parts ces dernières années, même s’il a mis de bonnes choses en place, notamment le passeport biologique, mais ce n’est pas suffisant pour retrouver de la crédibilité ». Elle se joue en partie ce vendredi à Florence.

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LP avec GQ à Florence