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Chavanel : « J’aimerais faire partie des outsiders »

Sylvain Chavanel

Sylvain Chavanel - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Sylvain Chavanel (IAM) sera au départ ce dimanche du Tour des Flandres, une classique qu’il affectionne particulièrement. S’il espère briller, le Français est conscient qu’il est moins fort que Fabian Cancellara, Tom Boonen et Peter Sagan.

Sylvain Chavanel, préférez-vous les classiques plutôt que les courses à étapes ?

Les courses d’un jour, avec le temps, il y a beaucoup plus de spectacle. Les courses à étapes, ça devient toujours pareil. Une classique, il y a plein d’autres choses qui rentrent en compte. Il y a la chute, la crevaison, les ennuis mécaniques, les bordures, le vent. C’est le vrai vélo. A la base, le vélo, on l’apprend avec toutes ces choses-là. Moi, dans un peloton je me fais ch…

Que visez-vous sur le Tour des Flandres ?

Moi, je suis au départ d’une course pour donner le maximum. Forcément, sur le Tour des Flandres, c’est un peu plus important. Je voudrais briller. Depuis quelques années, je suis acteur sur cette course, je suis toujours placé. Ce ne sont pas des courses faciles, il y a des grands noms en face avec Cancellara, Boonen, Sagan. C’est toujours difficile parce que quand ils sont au top de leur force et moi au top de la mienne, ils sont toujours un cran au-dessus. J’aimerais faire partie des outsiders.

Quelles sont les courses les plus intéressantes ?

Les deux qui ressortent à regarder à la télévision, ce sont le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. On ne s’ennuie pas. Et sur le vélo, c’est pareil, il y a de l’action. C’est excitant, avec l’ambition. Le Tour de France, c’est autre chose, c’est un show tous les jours. C’est la vitrine et c’est le monument de l’année, c’est bien ancré en France. Les classiques, il y a une histoire derrière et c’est plaisant pour tout le monde.

Vous ne serez pas le seul Français ambitieux au départ...

C’est bien, ça veut dire qu’il y a plus de coureurs français qui arrivent motivés pour y briller. J’apprécie beaucoup un coureur comme Arnaud Démare (FDJ), il a tout pour lui. Il va très vite au sprint et aujourd’hui, il faut avoir une sacrée pointe de vitesse pour pouvoir gagner des courses. Moi, c’est une caractéristique que je n’ai pas. Je me régale de voir des coureurs français s’intéresser à ce genre de grandes épreuves. En France, on a une génération future pour ces courses d’un jour.

Vous avez changé d'équipe. Appréhendez-vous la course différemment avec IAM Cycling ?

C’est complètement différent. Mon ancienne équipe (Omega Pharma-Quick Step) était la vitrine sur cette course, c’était l’équipe phare pour ces épreuves. Forcément, la pression, on ne la ressent pas de la même façon. L’organisation est très pro chez IAM Cycling, mais Omega Pharma-Quick Step est un cran au-dessus pour ces courses. Rien n’est laissé au hasard. J’y ai vécu une belle aventure et j’essaie d’apporter de l’expérience dans ce groupe.

Vous étiez dans l'ombre de Tom Boonen...

Par rapport aux équipiers, il faut faire en fonction de la réalité des choses. Quand il y a Boonen, qui a gagné quatre Paris-Roubaix et trois Tours des Flandres, c’est normal que Boonen passe devant moi. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit de passer devant tel ou tel coureur. Il faut faire ses preuves.

Avez-vous l'impression que votre statut a changé aujourd'hui ?

Peut-être qu’en France, on m’attend dans un rôle comme celui que j’ai chez IAM Cycling. Après, je n’ai aucun regret dans ma carrière, dans tout ce que j’ai fait. Je suis même fier de mon parcours. On me respecte peut-être un peu plus par rapport à mon parcours.

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Propos recueillis par Georges Quirino