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Contador peut dormir tranquille

L'UCI a fait appel contre Contador et la décision de la Fédération espagnole de blanchir le coureur

L'UCI a fait appel contre Contador et la décision de la Fédération espagnole de blanchir le coureur - -

Même si l’UCI a décidé de porter l’affaire Contador devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), le coureur espagnol ne risque a priori pas grand-chose. Explications.

Que risque Contador ?
Dans les textes de l’UCI et de l’AMA, 2 ans de suspension. Mais l’affaire se complique avec la substance incriminée. « Le Clenbutérol est une substance qui pose problème, explique Matthieu Reeb, secrétaire général du TAS, si on la détecte, ça ne signifie pas automatiquement qu’il y a dopage, et là il peut y avoir une raison extérieure à la prise du produit. » Des mois de procédure, une communauté scientifique divisée, des enjeux juridiques soupesés jusqu’à la dernière minute… « Ça ne va pas être facile », conclut l’homme du TAS.

Contador peut-il courir ?
Oui, l’appel de l’UCI n’est pas suspensif. Bien qu’elle en avait la possibilité, la Fédération internationale de cyclisme n’a pas tenu à empêcher le triple vainqueur du Tour, actuellement sur le Tour de Catalogne, de courir. L’Espagnol peut donc poursuivre sa préparation au Giro.

L’affaire sera-t-elle réglée avant le Tour ?
L’UCI ayant attendu le dernier moment pour prendre sa décision, c’est autant de temps gagné par le coureur. Sachant que selon le TAS, une affaire pareille nécessite en temps normal au moins trois mois de procédure, Contador peut boucler tranquillement le Giro (7-29 mai). Second paramètre, l’attitude des avocats du coureur. « J’ai le sentiment qu’on se dirige vers une bataille juridique acharnée, prédit le secrétaire général du TAS, Mathieu Reeb. Il peut aussi y avoir des problèmes de calendrier, de désignation d’arbitres, de langues... Je suis assez pessimiste pour qu’on arrive à un calendrier qui puisse aboutir avant le Tour. »

Pourquoi l’UCI a fait appel ?
Selon nos informations, l’UCI y est allé pour la forme, en sachant pertinemment que les chances de voir aboutir son recours étaient très réduites. Les récents cas de dopage au Clenbutérol qui ont tous tourné à l’avantage des athlètes plaident en faveur de Contador. Comme le confirme, Enrico Carpani, porte-parole de l’instance, « on voulait qu’il y ait un arbitrage final impartial. » Pour le patron du TAS, Matthieu Reeb, « l’UCI ne pouvait pas laisser passer une affaire aussi importante, elle devait y aller. » Quitte à voir Contador défendre son Maillot jaune sur le prochain tour, et quitte à perdre son bras-de-fer avec El Pistolero.

Louis Chenaille