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Contre-la-montre capital pour Contador

Alberto Contador joue son avenir cette semaine au TAS

Alberto Contador joue son avenir cette semaine au TAS - -

L’audience de l’Espagnol a débuté au Tribunal arbitral du sport, lundi à Lausanne. La défense a quatre jours pour convaincre que le clenbutérol trouvé dans l’échantillon du coureur relève de la contamination alimentaire.

Cette fois, il n’est pas arrivé sous les huées du public. Contrairement à la mésaventure qu’il avait connu à la veille du Tour de France, lors de la présentation de son équipe Saxo Bank fin juin aux Herbiers, Alberto Contador a débarqué ce lundi au Tribunal arbitral du sport (TAS) dans la plus grande discrétion helvétique. Une vingtaine de journalistes, dont deux seulement en provenance d’Espagne, ont fait le déplacement à Lausanne pour les quatre journées décisives qui attendent le triple vainqueur du Tour de France, contrôlé positif au clenbutérol en juillet 2010. Le Madrilène est apparu à 11h38, accompagné de ses trois avocats, l’Anglais Mike Morgan en tête, et de son frère et agent, Fran. Costume cravate, visage fermé, le coureur de 28 ans a refusé de s’exprimer. L’Agence mondiale antidopage (AMA) et l’Union cycliste internationale (UCI), qui avaient saisi le TAS après la décision de la Fédération espagnole de cyclisme (RFEC) de blanchir le coureur en février, ont adopté la même stratégie du silence. Profil bas. Personne ne communiquera avant la décision du panel des juges début janvier.

Preuve que l’« affaire Contador », dont l’audience a démarré à 12h20, n’est pas à ranger au rayon du tout-venant, le TAS a exceptionnellement accepté, à la demande des parties, d’organiser les audiences dans les locaux du Comité olympique international. « On a ainsi pu offrir une traduction simultanée, explique Matthieu Reeb, secrétaire-général du Tribunal. Certains témoins voulaient s’exprimer en espagnol. Si on était resté dans nos locaux, ça aurait pris trois jours de plus. » Une trentaine d’intervenants, dont une majorité de témoins, sont attendus lors de ce « procès » peu ordinaire, qui n’est pas sans rappeler, par son ampleur, les affaires Landis ou Valverde. Sans surprise, le clan « Contador » est le plus nombreux (10 personnes), suivi de peu par le contingent de l’AMA (7 personnes, essentiellement des scientifiques).

Stratégie inverse à Valverde

Contador a prévu de s’exprimer, et devrait rester sur les bords du lac Léman pour la plus grande partie de la durée de l’audience. La venue en personne du coureur n’est pas innocente. « En venant, il est au courant des débats et de leur évolution », estime Reeb. « Alejandro Valverde (suspendu 2 ans, en 2010, dans le cadre de l’affaire Puerto, NDLR) n’était pas venu, et pour les juges, ce n’était pas un bon signal envoyé », reprend un membre du Comité olympique italien, présent à Lausanne. Mardi et mercredi, les témoins se succèderont. D’un côté, Contador et la RFEC qui défendront la thèse de l’accident alimentaire ; de l’autre l’AMA et l’UCI qui voudront démontrer que les résidus plastiques retrouvés dans l’échantillon attestent d’un recours à l’autotransfusion. Jeudi matin, les avocats plaideront pour leurs clients respectifs. Les trois arbitres, Efraim Barak (président du panel), Quentin Byrne-Sutton (désigné par AMA-UCI), et Ulrich Haas (désigné par Contador-RFEC) n’auront pas trop de six semaines pour digérer les milliers de pages issues de la procédure. La décision est attendue « au début du mois de janvier », conclut Reeb.