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Dans l’intimité de la FDJ

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La formation de Marc Madiot nous a ouvert ses portes lors de son dernier stage hivernal. Entre séances d’entraînement, repas en commun et "chambrage", vivez le quotidien d’une équipe qui sera demain au départ de Paris-Nice.

« Nous sommes très bien en France. Pourquoi irions-nous faire un stage en Espagne ou je ne sais où ? » Marc Madiot n’est pas homme à mâcher ses mots. Quand le patron de la FDJ (anciennement Française des Jeux) a quelque chose à dire, il le dit. Cap donc sur Draguignan pour le deuxième stage de ce début d’année. L’ensemble du groupe, excepté les coureurs de cyclocross (Steve Chainel et Francis Mourey), se retrouve dans le Var pour préparer le début de saison, et notamment Paris-Nice, qui débute demain. Et les conditions climatiques donnent raison à Marc Madiot. Malgré la rigueur de l’hiver en ce 27 janvier, le soleil perce entre les arbres. Le groupe s’est retrouvé du côté du Moulin de la Foux.

L’endroit est calme et offre toutes les conditions nécessaires au rassemblement d’une équipe cycliste. Dans un coin, les mécanos s’activent. Le chauffeur du bus nettoie son véhicule. Le staff étudie l’itinéraire de l’entraînement du jour. Rien n’est laissé au hasard. Le Grand Prix la Marseillaise – qui sera remporté par Jérémy Roy - est prévu le 3 février. Paris-Nice, un mois plus tard. Plus de temps à perdre. Divisés en deux groupes et emmené par un directeur sportif en mobylette, les coureurs enchaînent les sprints pendant que leur boss donne de la voix. "Allez, allez, allez… On y va, on se bouge", crie Madiot du bord de la route. L’ancien compagnon de route de Laurent Fignon jongle entre ses coureurs, les quolibets aux automobilistes imprudents et son téléphone portable. La veille, Alberto Contador a reçu un avis de suspension d’un an. Alors forcément, les médias français s’enchaînent pour recueillir les impressions de la "grande gueule" du cyclisme français.

Madiot est en retard

Fin de l’entraînement matinal. Tout le monde rentre à l’hôtel. Sieste pour les uns. Interview pour d’autres… Chacun occupe son temps libre comme il l’entend avant de se retrouver pour le buffet. Le ton est à la plaisanterie. Pendant que les coureurs, divisés en deux tables, avalent rapidement leur repas (au menu : un buffet de crudités en entrée, du poisson ou un peu de dinde en plat du jour), l’encadrement refait le monde. Eux sont autorisés à boire une goutte de vin. Oreillettes, programme de course de début de saison, Tour du Gabon… Tous les sujets sont passés au crible. Pas un mot sur Contador.

Yoann Offredo est le dernier à quitter la table. Portable à la main, ce spécialiste de classique ne se départit pas de son sourire. Il en profite même pour chambrer l’encadrement, toujours attablé. Il est maintenant 14h. L’heure de reprendre le vélo. Sandy Casar s’amuse avec les trois journalistes présents sur place. Les coureurs partent un par un après avoir reçu les instructions du jour. Tout le monde est là. Sauf Marc Madiot. En retard, il s’étonne même de voir son groupe studieux déjà sur les routes. Le temps de vite grimper dans sa voiture pour rattraper ses hommes. La saison peut commencer.

Pierrick Taisne