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De Boer : « Contador a le bénéfice du doute »

Douwe De Boer, l'expert qui n'est plus en odeur de sainteté auprès du clan Contador

Douwe De Boer, l'expert qui n'est plus en odeur de sainteté auprès du clan Contador - -

Longtemps aux côtés de l’Espagnol, cet expert scientifique en clenbutérol, remercié par les avocats d’Alberto Contador qui ne le trouvaient plus assez vindicatif, plaide toujours en faveur de son ancien client dont l’audition auprès du TAS s’est achevée aujourd’hui.

Douwe de Boer, pensez-vous qu’Albero Contador puisse être acquitté ?

Je ne sais pas s’il le sera mais mon opinion est qu’il doit l’être. Personne dans cette assemblée présente au TAS n’a de certitudes, ni dans un camp, ni dans un autre. En quatre jours, une quarantaine de personnes ont défilé, chacune avec sa version des faits. On sort des chiffres, on pond des milliers de pages, mais au final, qui peut affirmer à 100% qu’il a raison ? Contador plaide, et moi aussi je l’ai fait, pour la contamination alimentaire. Mais on n’est pas certains que le clenbutérol se trouvait dans cette pièce de bœuf. L’AMA affirme que le coureur est responsable de ce qui se trouve dans son corps, mais les doses sont inhabituellement faibles (50 picogrammes), et on sait que d’autres laboratoires que celui de Cologne (la référence en la matière, ndlr) n’auraient jamais trouvé un si faible volume de clenbutérol. Je milite pour qu’on instaure un seuil de positivité, et je sais que le sujet fait débat à l’AMA.

L’AMA a aussi travaillé sur la présence de résidus plastiques trouvés dans les échantillons de Contador qui prouveraient que le coureur a eu recours aux autotransfusions…

La question de ces résidus plastiques (phtalates) n’a jamais figuré dans les documents qui sont passés entre mes mains, jusqu’à ce que ma coopération avec Contador prenne fin cet été. L’AMA a évolué dans sa stratégie. La présence à l’audience de deux experts du passeport biologique (Michael Ashenden pour l’AMA et l’UCI, Giuseppe Banfi pour Contador), et donc des paramètres sanguins, montre que le sujet a fini par être inscrit à l’ordre du jour. Mais là encore, il est impossible d’avoir des certitudes, et le doute doit bénéficier à Contador.

Pourquoi avoir stoppé votre collaboration avec Contador ?

On m’a fait stopper notre collaboration. C’est une décision qui est venue de la nouvelle équipe d’avocats (l’Anglais Mike Morgan, NDLR) engagée par Contador au mois d’août après la décision de l’AMA et de l’UCI de porter l’affaire devant le TAS. Je n’ai jamais eu le fin mot de l’histoire, mais je crois savoir que les avocats me trouvaient trop neutre, pas assez vindicatif. Ils n’ont pas apprécié que je dise par exemple du bien du laboratoire de Cologne. Ils veulent quelqu’un qui dit du mal de l’adversaire. J’avais connu la même mésaventure avec Landis, que j’ai défendu un temps. Aujourd’hui, c’est un autre expert en clenbutérol l’Américain Paul Scott qui travaille pour Contador.

Le titre de l'encadré ici

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Contador était très ému
L'audience de quatre jours du coureur espagnol au Tribunal arbitral du sport, à Lausanne, a pris fin ce jeudi peu avant 13h par la sortie du triple vainqueur du Tour de France, qui a quitté les locaux du TAS, les yeux rougis, avant de s'engouffrer dans un taxi aux côtés de son frère Fran et de ses avocats espagnols. Contador, positif au clenbutérol sur le Tour 2010, a eu le mot de la fin, s’exprimant quinze minutes, après quatre heures de plaidoiries des avocats. « Contador était très ému, nous a confié Matthieu Reeb, secrétaire général du TAS. Ce n’était pas facile pour lui, il y a eu une charge émotionnelle très forte. » L’Espagnol s'était exprimé une première fois mercredi, pendant un peu plus de 30 minutes. « Je ne me suis pas dopé », a-t-il répété comme il le fait depuis des mois. Hier, les coureurs Benjamin Noval (ESP) et Paolo Tiralongo (ITA), partenaires de Contador chez Saxo Bank et avant chez Astana, sont venus témoigner en faveur du Pistolero. Mardi, la parole était aux experts et aux scientifiques. L'AMA et l'UCI réclament 2 ans de suspension ; Contador et la Fédération espagnole demandent l'acquittement. La décision du TAS est attendue au début du mois de janvier. L.C.