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Gadret, l’attraction venue de France

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Actuel quatrième du Tour d’Italie, John Gadret aborde avec ambition le contre-la-montre montagneux de ce mardi. Venu chercher un top 10, le grimpeur d’AG2R-La Mondiale peut rêver de terminer dans les cinq premiers. A tel point qu’il commence à faire peur aux Italiens.

John Gadret ne s’attendait certainement pas à vivre une journée de repos aussi animée. Tout juste a-t-il eu le temps de faire une sieste d’une heure. Quatrième du Tour d’Italie, le grimpeur d’AG2R-La Mondiale a eu droit aux honneurs de la presse française, mais également de nos confrères italiens de la RAI ce lundi, à son hôtel de la Villa Imperina, à Agordo. Tout simplement parce qu’à 32 ans, Gadret est la sensation de ses deux premières semaines italiennes. Depuis que ce Giro a pris de la hauteur, le natif d’Epernay s’est classé à cinq reprises dans le top 10, avec notamment un succès plein d’audace à Castefidardo (11e étape). « Je souhaite conserver m a quatrième place, mais j’espère ne pas avoir de jour sans », avoue-t-il quand on aborde ses objectifs.

Alors forcément, les regards changent. Le respect se gagne. Les cadors du peloton ne le regardent plus comme le petit Français sans expérience. « Quand je lève le cul de la selle, ils viennent me chercher, lâche-t-il sans complexe. Comme équipe française sur le Giro, nous étions pris pour des guignols. Ce n’est plus le cas. » Gadret n’est pourtant pas le premier venu. Meilleur Français du dernier Tour de France (19e) l’année dernière, il prend la 13e place du Giro 2010 avec six places dans le top 10. Spécialiste du cyclo-cross, il n’est jamais aussi à l’aise qu’en montagne.

« Je ne suis pas un taulard »

Le physique n’est d’ailleurs pas sans rappeler un certain Marco Pantani. Deux crânes chauves, des percings, 1,72m et 57kg pour l’Italien contre 1,72m et 59kg pour le Français. La ressemblance est troublante. Elle le rend fier. « Marco Pantani restera mon idole. Je me sers de certaines choses que j’aimais chez lui pour les adopter en course », confie-t-il. Ce physique qui a d’ailleurs failli lui jouer des tours. « Quand j’ai signé mon contrat (ndlr : en 2006), j’avais des percings un peu partout, plaisante-t-il. Vincent Lavenu m’a demandé d’en enlever. Pour ce qui est des tatouages, c’était trop tard. Même le grand directeur d’AG2R sait que je suis comme ça. Mais quand on me connaît, on sait que je ne suis pas un taulard. »

Et le Tour de France dans tout ça ? AG2R-La Mondiale est aujourd’hui la seule équipe française à posséder une licence World Tour. Alors forcément, l’équipe de Vincent Lavenu est invitée sur les plus grandes courses du monde. De quoi donner encore plus d’appétit à Gadret ? Pas sûr. A l’aise sur les routes du Giro, il n’a pas fait d’une participation au Tour de France son principal objectif. Si le manageur de l’équipe décide de l’aligner sur la Grande Boucle, il ne le fera qu’en concertation avec son coureur. « Mais si je ne suis pas bien, ça ne sert à rien de mettre un coureur cramé », poursuit Gadret qui pense déjà à aider Nicolas Roche et Jean-Christophe Péraud. « Et au pire, j’ai déjà raté le Tour de France, il n’y aura pas mort d’homme. »

Pierrick Taisne