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Giro (19e étape): Froome prend le maillot rose avec une échappée de folie, Pinot sur le podium

Chris Froome

Chris Froome - AFP

Chris Froome a fait un énorme numéro ce vendredi lors de la 19e étape du Giro. En attaquant à 80 km de l'arrivée et en remportant l'étape avec 3'22 d'avance sur Tom Dumoulin, pendant que Simon Yates craquait complètement, le Britannique a pris le maillot rose.

Quel retournement de situation ! Quelle réaction d’orgueil ! A la peine depuis le début de ce Giro, Chris Froome a gratifié le public transalpin d’un numéro immense, dont il n’est pourtant pas coutumier, mais digne des plus belles épopées de l’histoire du cyclisme. Ni plus, ni moins. Une démonstration unique, bien plus impressionnante que celle de la Pierre-Saint-Martin sur le Tour de France 2015.

Après avoir perdu plusieurs paquets de secondes de ci, de là depuis le départ de ce Tour d’Italie en Israël, le coureur de la Sky avait pris le départ ce matin avec 3’22’’ de retard sur Simon Yates et 2’54’’ sur le Néerlandais Tom Dumoulin, 2e. Au terme de ce 19e acte, une étape de folie entre Venaria Reale et Bardonnèche (184km), dans les Alpes italiennes, le voilà en rose à deux jours de l’arrivée finale à Rome et idéalement placé pour remporter un premier Giro.

Froome à l'attaque... à 80 km de l'arrivée !

Sa chevauchée fantastique, Froome l’a lancée à 80 kilomètres du but. Il faut dire que le profil de l’étape permettait de mettre sur pied une attaque d’envergure. Encore fallait-il en être capable. Et "Froomey" l’a fait! Dans le Finestre (18,5km à 9,2% de pente moyenne), le coureur britannique a attaqué à 8 kilomètres du sommet pour s’envoler sur les chemins en terre battue de ce mythique col italien. Première victime: le maillot rose en personne. Déjà décramponné avant l’offensive de son compatriote, Simon Yates a littéralement explosé et complètement anéanti un début de Giro magnifique en arrivant 38'51" après Froome. Cruel.

Derrière Chris Froome, un autre coureur a dégusté dans le Finestre: Domenico Pozzovivo, troisième au départ de l’étape. Lui aussi rapidement lâché et 11e de l’étape à 8’29’’, il est l’autre principale victime du quadruple vainqueur du Tour de France. Pour le reste, Tom Dumoulin, Thibault Pinot, Miguel Angel Lopez et Richard Carapaz se sont accrochés et ont limité la casse dans les deux autres difficultés de la fin d’étape (montée de Sestrières et ascension finale de Bardonnèche, 7,2km à 9,5%), à plus de trois minutes tout de même du voltigeur britannique.

A l’issue de ce scénario hallucinant qui ne manquera pas de faire parler (et pas qu’un peu...), quand on se souvient que Froome est toujours sous le coup d’une enquête de l’UCI à la suite d'un contrôle antidopage au résultat "anormal", Froome endosse donc le maillot de leader avec 40 secondes d’avance sur Tom Dumoulin et 4’17’’ sur Thibault Pinot, l’autre grand gagnant de ce vendredi dantesque. Le Français, qui a tenté sa chance dans l’ultime montée, compte désormais 40 secondes de marge sur le quatrième (Lopez) et 1'27" sur le cinquième (Carapaz). L’objectif initial du podium est donc de nouveau dans les cordes du coureur de la Groupama-FDJ.