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Guimard : « Ce serait dramatique pour le cyclisme français »

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Membre de la Dream Team RMC Sport, Cyrille Guimard s’inquiète des retombées que pourrait avoir l’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris au sujet de l’équipe Europcar sur le cyclisme tricolore.

Cyrille, que vous inspire l’ouverture de l’enquête à l’encontre l’équipe Europcar, soupçonnée de pratiques interdites ?

Le fait même qu’il puisse y avoir suspicion me gêne. Ça veut dire que peut-être d’autres choses vont aboutir derrière. Il serait très désagréable que ça puisse se transformer en une véritable affaire de dopage. On n’a pas du tout envie de ça. La suspicion, quoi qu’il arrive, jettera un doute dans l’esprit des Français. Sur le plan international, elle aura des effets dévastateurs. Aujourd’hui, nous n’en sommes pas là. Nous sommes sur une enquête préliminaire. Laissons-la d’abord aboutir.

Depuis le cataclysme Festina sur le Tour de France 1998, le cyclisme n’en finit plus d’accumuler les affaires de dopages…

Ça ne fait plaisir à personne. Si cela devait s’avérer vrai, ce serait dramatique pour le cyclisme français. Est-ce que ce ne serait pas l’affaire de trop ?

Il se murmure que la dénonciation à l’origine de l’ouverture de l’enquête serait de source française…

On peut tout dire et son contraire. Dénoncer une pratique dopante dans un pays où on se bat contre le dopage, est-ce anormal ? S’il n’y avait pas de dénonciation, il n’y aurait pas de justice. Est-ce avéré ou pas ? L’enquête décidera ou non de poursuivre.

Quel serait votre sentiment si les faits de dopage étaient avérés ?

Tant pis s’ils se font prendre. Ce serait dommage. Cette équipe a toujours eu un discours très clair, se faisant pour ainsi dire apôtre de la lutte antidopage, donnant même dans certains cas des leçons. Ce serait dommage qu’elle tombe.

Après la réouverture de l’enquête Armstrong, le forfait d’Andy Schleck, l’avant-Tour de France, qui s’élance samedi à Liège, aura été mouvementé…

C’est toujours gênant à deux jours du départ du Tour de se retrouver avec ce genre d’affaire. Le retrait d’Andy Schleck n’a rien à voir avec ça. Il a été victime d’une grosse chute dans le Dauphiné Libéré (le 7 juin dernier, ndlr), ça prive le Tour d’un candidat à la victoire encore qu’il n’était pas aérien depuis le début de saison. L’affaire Armstrong dure depuis un certain nombre d’années. Elle ne touche pas le Tour de cette année. Elle ne concerne pas le cyclisme d’aujourd’hui, mais celui d’hier.

Propos recueillis par Nicolas Paolorsi