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Horner, le papy qui fait de la résistance

Christopher Horner

Christopher Horner - -

Christopher Horner a remporté ce dimanche à Madrid la 68e édition du Tour d'Espagne. A 41 ans et 327 jours, l’Américain de la formation Radioshack-Nissan devient le vainqueur le plus âgé de l'histoire d'un Grand Tour.

Joop Zoetemelk est désormais effacé des tablettes. Jusqu’à ce dimanche, le Néerlandais était le plus vieux vainqueur de la Vuelta (33 ans en 1979). Un jeunot à côté de Christopher Horner. A 41 ans et 327 jours, l’Américain est devenu le plus vieux vainqueur d’un des trois Grands Tours. « Un gars de mon âge qui gagne un Grand Tour, c’est quelque chose que vous ne reverrez peut-être plus de votre vie », peut s’exclamer l’heureux lauréat. Avant lui, Raymond Poulidor, alors âgé de 40 ans, avait terminé troisième du Tour de France (1976) et Joop Zoetemelk était devenu champion du monde à 39 ans (1985). Mais à la différence de l’Américain, les deux hommes possédaient déjà un solide palmarès.

Avec une victoire au général du Tour du Pays basque (2010) et du Tour de Californie (2011), on ne peut pas dire que Horner collectionnait les succès de prestige. Et c’est ce qui étonne. « Ce n’est pas son âge qui m’interpelle, mais plus qu’il n’avait jamais fait de podium jusqu’à présent et n’avait jamais montré d’aptitudes hors-norme », note le docteur Jean-Pierre de Mondenard. Car le spécialiste ne voit pas d’anomalie à voir un « ancien » réaliser des belles performances : « Dans les sports d’endurance comme le vélo, le ski de fond, le marathon, on trouve des performeurs à 40 ans et au-delà. Le bénéficie de l’expérience est positif par rapport au malus des ans. Il faut qu’ils aient une hygiène de vie pointue, qu’ils aient envie de se battre. »

La promesse faite à son fils

Et c’est visiblement le cas de Chris Horner. Plus tôt dans l’année, alors qu’il était blessé à un genou, il avait ainsi prévenu son fils de 11 ans qu’il pourrait mettre un terme à sa carrière malgré une motivation certaine. « Il m’a répondu : "Tu ne peux pas t’arrêter, ce n’est pas sympa. Je dis à mes copains que mon père est un cycliste professionnel et qu’il dispute le Giro, le Tour, la Vuelta. Je ne peux pas leur dire que mon père est un ancien cycliste ", se rappelle le coureur. Maintenant, il va pouvoir dire que son père est le seul Américain vainqueur de la Vuelta et le seul à gagner un Grand Tour à 42 ans. »

Né à Okinawa (Japon), c’est aux Etats-Unis qu’Horner découvre le vélo. Alain Gallopin, son futur directeur sportif chez Radioshack, le repère lors de la Milwaukee Race en 1996 et se souvient qu’il se battait alors avec Lance Armstrong sur les courses américaines. C’est d’ailleurs Gallopin qui l’héberge en 1997 alors qu’il débarque dans l’Hexagone, à la Française des Jeux. Des difficultés à s’intégrer sur le Vieux Continent et le voilà qui bourlingue. Saunier Duval, Lotto, Astana puis Radioshack… Il est à chaque fois considéré comme un équipier de luxe. Jusqu’à ce que Gallopin lui donne sa chance sur cette Vuelta : « Chris est très motivé. Il a toujours dit qu’il voulait courir jusqu’à 45 ans. Il a ça dans la tête. Il aime ça, détaille son manageur. Il m’a étonné, mais je pense que ses adversaires n’étaient pas à 100%. » Toujours est-il que c’est bien lui qui a inscrit son nom au palmarès de cette 68e Vuelta.

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Pierrick Taisne (avec Georges Quirino)