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Jérôme Pineau se lance: "Le budget nécessaire pour partir avec une équipe digne de ce nom"

Jérôme Pineau

Jérôme Pineau - -

Retraité des pelotons depuis deux ans, Jérôme Pineau a décidé de se lancer dans une nouvelle aventure. Le consultant RMC Sport nous présente son projet qui verra le jour en 2018.

Jérôme Pineau, des rumeurs rapportent que vous seriez sur le point de lancer une équipe. Où en êtes-vous ?

Le projet est sur les rails. On sera présent au lancement de la saison 2018 avec une équipe française. Avec une équipe qu’on espère la meilleure possible et dans une division qui pourrait être la continentale pro. On va essayer de construire un projet différent. On ne veut pas être une équipe de plus. On va essayer de monter cette équipe avec les valeurs que je porte. Celles de la formation, de la jeunesse, de l’éthique. On va également essayer de mettre en place un nouveau système économique. On veut concerner nos coureurs. On veut que nos coureurs soient performants, mais qu’ils soient aussi nos premiers commerciaux. On veut que les entreprises qui nous soutiennent soient au centre du projet et qu’il y ait un échange économique. On veut faire du business, ce n’est pas un gros mot.

Quel est ce nouveau modèle économique que vous prônez ?

Dans le cyclisme actuel, on n’a pas le droit de fermer la porte à un partenaire, même s’il amène moins que les autres. La visibilité passera par les résultats de nos coureurs, mais aussi par de l’hospitalité, du business entre les partenaires. Il faut créer une marque club. Tout cela basé sur la formation. On a basé notre projet sur une dimension club.

Le budget est-il ficelé ?

Aujourd’hui, on a le budget nécessaire pour partir l’an prochain avec une équipe digne de ce nom. Maintenant, s’il y a encore des possibilités de partenariats, on ne ferme la porte à personne.

Où en êtes-vous en matière de recrutement ? Le nom de Bryan Coquard a circulé…

Aujourd’hui, nous sommes dans l’impossibilité de signer quoi que ce soit. Le mercato dans le cyclisme commence le 1er août. On va commencer par être en phase avec les règlements. Quant à Bryan, on aime son profil. C’est un coureur qui gagne des courses. On a fait une approche, mais je ne peux pas vous dire s’il sera chez nous. On négocie, tout comme on négocie avec d’autres coureurs. Ce qu’on veut, c’est la meilleure équipe possible. Nous sommes donc en train de contacter les coureurs accessibles qui correspondent à nos valeurs. Ce n’est pas seulement venir dans une équipe, c’est une volonté de porter un projet, et les coureurs l’ont bien compris, même si un nouveau projet, ça peut faire peur. On a contacté des coureurs français et étrangers puisque je compte m’appuyer sur mes 14 années professionnelles, que ce soit en France ou à l’étranger. Chaque culture est différente et apporte au groupe.

Comment comptez-vous utiliser cette volonté d’internationalisation, tout en vous appuyant sur une identité régionale ?

On va d’abord s’ancrer dans les valeurs de notre pays, mais on parle tous la même langue. On parle vélo. On va faire en sorte que nos coureurs s’unissent. J’ai fait deux années au centre de droit et d’économie du sport (ndlr : CDES à Limoges). J’ai beaucoup appris. Je n’aurais pas pu faire cette équipe sans avoir les outils nécessaires. Je m’appuie beaucoup sur ce qu’il se passe dans les autres sports collectifs. Ces équipes sont installées dans leur région, mais elles rayonnent aussi à l’étranger.

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Propos recueillis par Pierrick Taisne