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L’UCI fait un premier pas vers l’amnistie

Pat McQuaid

Pat McQuaid - -

L’UCI élargit le champ d’action de la commission d’enquête indépendante chargée de lutter contre le dopage. Les coureurs prêts à livrer des informations pourraient bénéficier d’une amnistie. Un tournant dans le nettoyage du cyclisme.

Dans les cordes, l’UCI lâche du lest. Critiquée pour ne pas vouloir véritablement nettoyer le cyclisme, la Fédération internationale a fait un geste fort envers ses détracteurs, vendredi. L’UCI annonce dans un communiqué qu’elle se dit prête à travailler avec l’Agence mondiale antidopage (AMA) à la mise sur pied d’une commission Vérité et Réconciliation, et de réfléchir au cadre légal d’une amnistie. L’UCI avait été sévèrement critiquée par l’AMA et l’Agence antidopage américaine (USADA) pour ne pas donner aux anciens dopés les moyens de passer à confesse. En clair : leur promettre un allègement de peine en échange d’informations sur la pratique du dopage dans le peloton.

L’AMA et l’USADA avaient conclu qu’il était inutile de participer dans ces conditions à la commission d’enquête indépendante, lancée par l’UCI au mois d’octobre. Sans la participation de l’AMA, l’UCI et sa commission d’enquête risquaient de perdre toute crédibilité. Les preuves portées par la presse sur la protection dont avait bénéficié le peloton sous l’ère Verbruggen, ainsi que le rappel à l’ordre lancé par Jacques Rogge, le président du CIO, quant à la gouvernance de l’UCI, ont poussé Pat McQuaid et ses hommes à montrer patte blanche.

L’AMA face à une « tâche immense »

L’UCI et l’AMA vont maintenant devoir établir un cadre légal qui puisse permettre au cyclisme de briser l’omerta. Du jamais-vu. Aucun sport n’a jusqu’à présent bénéficié d’une telle mesure permettant de remettre les compteurs à zéro. L’amnistie ne figure pas dans le code mondial antidopage. « On sera confronté à une tâche immense », expliquait il y a quelques jours à RMC Sport David Howman, le n°2 de l’AMA, avant que l’UCI ne décide de franchir le Rubicon. Le programme d’amnistie devra être soumis et validé par le comité exécutif de l’Agence, dans lequel siège dorénavant, et pour un an, la ministre des Sports Valérie Fourneyron. Pas un mince dossier pour la représentante française du Conseil de l’Europe. Mais l’enjeu est de taille.

Louis Chenaille