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L'UCI raye Armstrong des tablettes

Lance Armstrong

Lance Armstrong - -

L'Union Cycliste Internationale a pris ses responsabilités et a suivi la décision de l'USADA en destituant Lance Armstrong de ses 7 victoires sur le Tour de France (1999 à 2005). Selon son président, Pat Mc Quaid, l'Américain « n'a plus aucune place dans le cyclisme ».

Les plus pessimistes craignaient un report. Au pire, une amnistie qui aurait entaché un peu plus encore la réputation de l’UCI accusée par l’USADA de connivence manifeste et avérée avec Lance Armstrong durant son règne sans partage sur la Tour de France (1999 à 2005). Bref, une ultime dérobade qui aurait davantage plongé le cyclisme mondial dans la nasse. Finalement, de suspense, il n’y en eut point. Sans observer le moindre round d’observation, Pat McQuaid a annoncé la couleur dès la première minute de sa conférence de presse tenue à Genève.

« C’est un jour très important pour le cyclisme, a lancé le patron de l’Union Cycliste Internationale. C’est avec beaucoup de douleur que nous avons reçu le rapport de l’USADA. Mon message est le suivant : le cyclisme a un avenir. Ce n’est pas la première fois que le cyclisme a dû s’engager dans un processus douloureux qui est de faire face à son passé. Les fans peuvent être certains que le cyclisme continuera à aller de l’avant. L’UCI commence ce parcours en confirmant qu’il reconnait la sanction imposée par l’USADA. L’UCI bannira Lance Armstrong du cyclisme et le dépouillera de ses 7 titres du Tour de France. Lance Armstrong n’a plus aucune place dans le cyclisme. » Fermez le ban.

Une bombe à fragmentation

Le 22 octobre 2012 restera donc un jour historique dans la lutte contre le dopage. Le jour (de gloire) où Lance Armstrong a définitivement été déboulonné de sa statue de commandeur du cyclisme mondial. Effacé des tablettes, l’Américain n’apparaitra donc plus au palmarès du Tour. Mais si l’UCI l’a jeté aux oubliettes, elle annoncera ce vendredi, au cours d’une nouvelle conférence de presse, si elle maintient une ligne vierge en face des 7 stupéfiantes éditions remportées par l’ex-Boss. Ou si elle décide de les réattribuer aux dauphins du Texan. Dans ce cas-là, elle s’exposerait à un vaste casse-tête, vu le nombre de coureurs impliqués de près ou de loin dans des affaires de dopage. A l’image de Basso, Ullrich, Beloki, Rumsas, Vinokourov…

En attendant, Pat McQuaid a reconnu que le cyclisme traverse actuellement « la plus grande crise jamais affrontée ». Et d’ajouter : « Mais j’ai envie d’y voir une opportunité pour réaliser que notre sport est en danger et qu’il faut travailler ensemble pour avancer. » Les repentis ? « Il est possible que des gens qui aient commis des erreurs dans le passé puissent encore aider le cyclisme. » La nouvelle génération ? « Les coureurs d’aujourd’hui ont une autre attitude, il faut avoir foi en eux. » Comme en celle de l’UCI et de ses anciens dirigeants -en particulier l’ancien président, Hein Verbruggen- mouillés dans cette colossale escroquerie sportive ? « Il était normal qu’un sport utilise ses stars pour se promouvoir, se défend McQuaid. Le problème, c’est que ces stars trichent. C’est très triste. » Triste à en pleurer comme le champ de ruines laissé par cette nouvelle bombe à fragmentation, et dont on n’a probablement pas fini de compter les « morts »…

G.M.