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La Fédération française suspendue par l'UCI

L’Union cycliste internationale (UCI) a décidé de suspendre la Fédération Française de cyclisme.

L'UCI reproche à la Fédération française d'avoir donné son autorisation pour la tenue en mars dernier de Paris-Nice, une épreuve organisée par ASO qui est en conflit avec l'instance internationale au sujet du ProTour. La suspension, assortie d'une amende, ne concerne pas les coureurs français, ni dans les prochaines courses, ni aux JO ou Championnats du monde. En revanche,elle s'applique aux représentants français présents dans les instances de l'UCI.

La sanction, prise par le comité directeur de l'UCI lors de sa réunion tenue au Danemark, comporte plusieurs mesures: « non-participation au prochain congrès de l'UCI, irrecevabilité des candidatures de ses affiliés aux élections, suspension de ses affiliés dans les comités et commissions, refus ou retrait de l'organisation des Championnats du monde ». « Je condamne cette décision antidémocratique qui touche des personnes élues par le congrès de l'Union européenne de cyclisme », a déclaré à Jean Pitallier, qui fait l'objet par ailleurs d'une procédure disciplinaire de la part de l'UCI.

« Ce n'est pas pour autant que je vais baisser les bras. Il faut revoir le ProTour. Je demande une nouvelle fois la tenue d'une table ronde et que l'on écoute vraiment les différentes parties », a-t-il ajouté. Dans un communiqué, la FFC a dénoncé « une nouvelle escalade dans l'intimidation et la menace pour imposer le silence à tous ceux qui n'approuvent pas sans réserve » la réorganisation du cyclisme souhaitée par l'UCI. La Fédération française a ajouté que « cette sanction ne changera strictement rien à la grave crise que traverse actuellement le cyclisme international. L'UCI ne pourra se cacher longtemps derrière elle pour fuir ses propres responsabilités dans l'existence même de ce conflit ».

Jean Pitallier a annoncé également avoir reçu le soutien de Bernard Laporte, secrétaire d'Etat français à la Jeunesse et aux Sports, et de l'association des organisateurs de courses cyclistes (AIOCC) présidée par Victor Cordero (Vuelta). Selon le président de la FFC, le congrès de l'UCI qui se réunira en septembre à Varèse (Italie) devra décider de maintenir, aggraver ou supprimer la sanction. Pour sa part, la Fédération internationale a précisé que la sanction avait été initiée par son président Pat McQuaid, lequel accuse la FFC « d'avoir manqué de loyauté vis-à-vis de l'UCI et de tous ses membres, et enfreint ses statuts etrèglements en soutenant activement et ouvertement l'organisation, en dehors du cadre de l'UCI, de la dernière édition de Paris-Nice ».

Pat McQuaid a qualifié la sanction de « décision forte, qui montre que l'UCI ne tolère pas que l'un de ses membres bafoue le règlement international du cyclisme ». Il a ajouté être satisfait que « pour le bien du sport », « les sanctions ne touchent ni les coureurs français ni les épreuves de ce pays ». L'UCI, qui avait parlé de « course sauvage » pour Paris-Nice, n'a pas fait référence dans son communiqué au prochain Tour de France, qui sera organisé -tout comme Paris-Nice- sous l'égide de la FFC.

La rédaction avec AFP