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La sensation Vansummeren

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Le Belge Johan Vansummeren, équipier de Thor Hushovd au sein de la formation Garmin, a remporté à 30 ans la 109e édition de la reine des classiques cyclistes. Dans une course qui n’a souri ni aux favoris, ni aux Français, Fabian Cancellera, neutralisé par ses rivaux, termine deuxième.

« Je suis l’homme le plus heureux du monde. » Méconnu du grand public, le Belge Johan Vansummeren (Garmin) n’en croit pas ses yeux. Cet équipier modèle, acharné de travail, vient d’inscrire son nom à la plus prestigieuse des classiques cyclistes. Entré en solitaire dans le Vélodrome de Roubaix, le partenaire de Thor Hushovd a remporté, à 30 ans, la première grande victoire de sa carrière : « Je rêvais de cette course, lâche ce grand échalas (1,97m), très ému. Samedi soir, j’avais dit à mon équipier Heinrich Haussler : ‘Demain, je roule pour gagner.’ Il m’a dit : ‘Tu rigoles ou quoi ?’ J’avais un super sentiment durant la semaine. Je me suis entraîné comme un fou. Cette course est faite pour moi. Dans l’échappée, trois coureurs de chez Lotto ont roulé à bloc. J’ai pu me reposer un peu. Je me sentais très fort. »
Echappé du peloton depuis le 23e kilomètre, Vansummeren a donc dompté les pavés, la chaleur et… tous les favoris, pas à leur avantage lors de cette 109e édition de Paris-Roubaix.

Cancellara : « Si je m’étais arrêté pour boire un café… »

Parmi eux, Fabian Cancellara (Leopard-Trek), vainqueur en 2006 et l’an passé, eut au moins la force de lutter jusqu’au bout. Le Suisse à l’égo démesuré, deuxième à 19 secondes après avoir devancé au sprint le Néerlandais Maarten Tjallingii (Rabobank), fut marqué à la culotte durant toute la course. « Tout le monde a couru contre moi, soupire-t-il. La victoire n’était pas possible. Si je m’étais arrêté pour boire un café, les autres coureurs en aurait fait autant. C’est comme ça pour les favoris. C’est bien de l’être mais c’est aussi difficile à gérer. Je peux être fier. Je suis encore sur le podium. Compte tenu du contexte, cette deuxième place est comme une victoire. »

Moins heureuse, la formation Quick Step a déchanté. Ses deux leaders, Tom Boonen et le Français Sylvain Chavanel devront vite oublier ce dimanche maudit. Le Français (38e) et le Belge, triple vainqueur à Roubaix (2005, 2008 et 2009), ont été victimes d’ennuis mécaniques et d’une chute. Pas vraiment à l’honneur, les Tricolores ne remporteront pas une 28e victoire dans le Nord. Frédéric Guesdon (FDJ), le premier d’entre eux – et toujours dernier Français à avoir remporté l’épreuve, en 1997 – termine à la 11e place. Pour les Belges, c’est déjà la cinquante-quatrième…