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Le passeport biologique fait pschitt

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Censé devenir une arme de dissuasion massive contre le dopage, le passeport biologique n’a pour l’instant accouché que de cinq petites souris. La déception est grande chez les directeurs sportifs.

On l’attendait le passeport biologique tel le messie qui allait terrasser le dopage. Et le moins que l’on puisse dire est que le résultat est loin des attentes suscitées par sa mise en place il y un an par l’UCI. Le passeport biologique n’a pour le moment pris dans ses filets que des petits poissons du peloton, des sans-grades ou des anciennes demi-gloires. Il y a bien Igor Astarloa, championne du monde en 2003, mais sa dernière victoire remontait à 2006 et l’équipe Milram l’avait licencié l’an dernier pour des données hématologiques déjà irrégulières. Les autres sont inconnus ou presque : Caucchioli, de Bonis, Lobato et Serrano.

« Je ressens de la frustration et de la déception de voir que ce ne sont pas des coureurs majeurs qui ont été épinglés, lâche Jean-René Bernaudeau, le directeur sportif de Bbox Bouygues Telecom. Ils parlaient d’une cinquantaine de coureurs ciblés… Je ne suis pas sûr que le passeport soit l’arme que l’on attendait. » Le sentiment qui ressort est que seuls les plus maladroits se sont faits prendre. « Il y a des failles, abonde Eric Boyer, le manager de Cofidis. Il semblerait que certains tordus détournent le passeport en utilisant les résultats des analyses pour surfer sur le dopage. » La semaine dernière, Bernard Kohl avait ainsi révélé qu’il calquait ses mesures hématologiques sur les analyses précédentes communiquées par l’UCI.

Le passeport biologique n’aurait donc rien du grand méchant loup. Eric Boyer affirme ainsi qu’il a vu « des choses sur le Tour de Suisse qui ne le rassurent pas. La méthode ne convainc personne, poursuit-il. 120 000 euros par équipe pour ça… Faute de mieux, continuons mais trouvons vite autre chose pour lever les doutes que j’ai et que beaucoup de dirigeants ont. »

La rédaction - Julien Marival