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Longo : « J’ai pensé à mes grands-parents… »

Jeannie Longo

Jeannie Longo - -

En remportant le contre la montre du championnat de France de Boulogne-sur-Mer, la Grenobloise a raflé son 58e titre national, son 11e titre national en contre la montre. Un exploit qu’elle savoure à sa façon…

Jeannie Longo, quel est le sentiment qui prédomine ?

De la nostalgie tout d’abord, surtout quand on entend la Marseillaise. C’est un peu personnel mais ça m’évoque ce que me disaient mes grands-parents. Sinon évidemment, c’est la joie qui domine, surtout quand on voit comment ça s’est déroulé. C’est le 58e titre, pour moi qui suis née cette année là, ça représente un symbole. Je tenais à le remporter car je me suis bien entraîné toute l’année en contre la montre. C’est le seul domaine que j’ai bossé sérieusement.

Pouvez-vous nous parler de votre gestion de la course ?

Je suis partie bien en rythme, pas trop doucement, pas trop vite non plus. Je savais que les cinq derniers kilomètres étaient très compliqués donc la gestion avait un rôle prépondérant. Au moment d’attaquer la côte du Mont Lambert, je me suis dit que les choses sérieuses allaient commencer. J’ai connu un petit moment de moins bien en milieu d’ascension et j’ai même cru que j’allais perdre mon titre. J’ai commencé à y croire à 500 mètres de l’arrivée seulement, au pied de la dernière côté, elle aussi assez compliquée. Mon mari me disait dans l’oreillette qu’il me restait environ deux minutes pour boucler les derniers mètres. Je me suis dit que c’était jouable à condition de monter très fort. C’est ce que j’ai fait, avec réussite.

Titrée à 52 ans, l’exploit est hors norme. Au moment où vous franchissez la ligne, vous pensez à quoi ?

Ce 11e titre en contre la montre récompense tous les efforts consentis cet hiver. J’étais très heureuse de franchir la ligne la première, car franchement c’était dur aujourd’hui. Quand on passe la trentaine, on a vraiment des capacités physiques et psychologiques exceptionnelles. Si je n’avais pas réussi ce contre la montre, je ne me serais pas présentée samedi pour la course. A mon âge, on peut dire que j’aborde les courses de manière plus précise, tout en restant décontractée. J’ai passé quinze années de mon temps à pédaler à la recherche de la performance. Mine de rien, ça apporte de l’expérience et le corps enregistre tout ça.

Propos recueillis par Rodolphe Massé