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Longo : « Je ne suis pas parano »

Jeannie Longo

Jeannie Longo - -

Invitée de l’Intégrale Tour de France ce vendredi sur RMC, Jeannie Longo a livré sa vérité sur son échec dans la course aux Jeux Olympiques. La Française de 53 ans s’estime victime d’une persécution ces derniers mois.

Une croix sur Londres
« Comme on dit, le mal est fait. Depuis le mois de septembre 2011, j’ai encaissé beaucoup de choses. On peut me traiter de paranoïaque mais les réactions après les Championnats de France ont confirmé ça. Il y a eu pas de mal de choses qui ont été orchestrées pour me pousser à un mauvais résultat. Je m’étais mis un objectif, gagner le chrono avec au moins 30 secondes d’écart. Je pouvais le faire. J’aurais pu le faire huit jours avant le Championnat de France. J’avais retrouvé une forme que je ne pensais peut-être pas retrouver. Je me connais. Je ne triche pas avec moi-même. Je savais très bien que j’avais une forme équivalente à 2010 voire 2008. »

Trois contrôles antidopage en six jours
« J’étais au calme, au frais, dans le Jura, au centre d’entrainement national de ski nordique. J’ai pu m’entrainer pendant trois semaines dans d’excellentes conditions et aussi en simulation d’altitude. Donc tout allait bien jusqu’à quelques jours du début des Championnats de France. J’ai eu de la visite. L’agence contre le dopage (AFLD, ndlr) est venue me contrôler une première fois. A la limite, je m’y attendais presque. Je me suis dit : ‘‘Puisqu’ils ont décidé de m’ennuyer depuis quelques années, pourquoi pas là’’. Et puis, il y a eu une deuxième fois. Ça m’a considérablement contrariée. Manifestement, c’est de l’attaque. Ce n’est pas un contrôle, c’est pour me déstabiliser. J’ai passé une mauvaise nuit. Il faut savoir que c’était un contrôle urinaire et sanguin. Ce n’était pas utile. Et il y a eu une troisième fois, tout de suite derrière. Trois fois en six jours, ça m’a évidemment fatiguée, déstabilisée, contrariée. »

Un problème de selle
« Ensuite, le matin de la course, il y a le contrôle obligatoire des vélos. Mon vélo, c’est le même depuis 2008. Il n’a pas bougé. On m’a fait relever mon bec de selle de pratiquement deux centimètres. C’était le coup fatal. On est vraiment au millimètre près. Je ressens tout. On a mis la règle en bout de selle, où il y a un rembourrage. Evidemment, ça fait une différence. Je suis fautive mais j’ai une dérogation. Le même commissaire, charmant, m’avait déjà fait partir en retard à un contre-la-montre à Saint-Brieuc il y a deux ou trois ans. Là, je suis réglementaire au niveau de l’UCI. »

Le sentiment d’un acharnement
« Le maximum a été fait depuis le mois de septembre pour m’empêcher de performer. On a sorti cette histoire de soi-disant trois contrôles manqués, et ce n’est absolument pas ça, pour m’empêcher de faire les Championnats du monde et de gagner deux places pour la France. La grosse artillerie a été sortie. Je ne suis pas parano du tout en le disant. Je me suis dit qu’il n’y avait qu’une chose à faire, gagner le Championnat de France. Le coup des trois contrôles et de la selle… Je ne peux pas résister à tout. Alors que j’avais vraiment repris la forme et le moral. »

Un rejet mutuel avec ses concurrentes 
« J’ai toujours aimé donner mon savoir-faire et mon expérience. L’hiver, par exemple, au vélodrome de Genève, quand je cours, je donne des conseils aux minimes, aux cadets. Je connais leurs prénoms. Mais je suis quand même un peu amère quand je vois la réflexion des jeunes filles par rapport à ma contre-performance. Cette réjouissance collective ne me donne quand même pas envie de m’investir dans le cyclisme féminin. Même s’il y a aussi des gentilles, c’est vrai. »

Pas encore la retraite mais…
« La saison prochaine, pour le moment, c’est très loin. J’aime bien prendre du recul. Je viens de rater un rendez-vous parce qu’on a tout fait pour que je le rate. Je suis en train d’encaisser le coup. Je ne me pose pas de questions par rapport à l’an prochain. A un moment, j’étais assez optimiste pour le cycliste féminin français. Je m’étais dit que j’allais créer des épreuves. Mon mari et moi, nous sommes à l’origine du Tour féminin. On s’est investi bénévolement pendant des années. »