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Madiot : « La France mérite trois équipes en première division »

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Marc Madiot, le manager de la formation FDJ, peut avoir le sourire. En une semaine, il a appris deux bonnes nouvelles : le retour de son équipe en première division (World Tour) pour la saison prochaine, et l’arrivée d’un nouveau partenaire.

On imagine que c'est une belle récompense pour vous de retrouver la première division ?

C'est aussi une récompense pour la Française des Jeux qui s'investit énormément à nos côtés. C'est évidemment une bonne chose pour nos coureurs qui ont vraiment mouillé le maillot cette saison. Ils ont eu à l'esprit en permanence, cette année, de retrouver la première division.

Qu'est-ce que cela va changer concrètement pour vous ?

Cela nous garantit une participation à toutes les grandes courses du calendrier mondial. Avant, on était obligé de passer par des invitations, par le bon vouloir de bon nombre d'organisateurs. C'est plus simple pour nous, mais c'est aussi un casse-tête important parce qu'il va falloir concilier le calendrier national et le calendrier mondial. Mais bon … j'ai envie de dire que c'est un bon casse-tête !

Vous avez aussi signé récemment un partenariat avec Bigmat. L'équipe s'appellera désormais FDJ-Bigmat. Cela vous apportera-t-il aussi un confort au niveau budgétaire ?

Oui, parce que du coup, l'enveloppe budgétaire de l'équipe est renforcée. Les fondations sont solidifiées, et ça nous permet d'aborder de manière encore plus sereine les saisons qui sont devant nous. L'UCI nous a attribué trois ans de licence. On veut légitimer encore un peu plus cette licence lors des prochaines saisons.

Envisagez-vous de recruter une star ?

Cela va nous permettre de fidéliser encore un peu plus les jeunes pousses que l'on a dans l'équipe, qui sont sous le regard de la concurrence et qui peuvent être à un moment ou un autre convoitées. J'avais été déçu de voir par le passé certains de nos meilleurs coureurs nous quitter. Le plus connu, bien évidemment, c'est l'actuel numéro 1 mondial Philippe Gilbert ! On ne peut pas oublier qu'il a débuté sa carrière chez nous. J'espère avoir dans les rangs du cru 2012 le futur numéro 1 mondial, mais j'espère surtout que celui-ci restera dans l'équipe.

Vous êtes par ailleurs président de la Ligue : avoir deux équipes françaises (AG2R La Mondiale et FDJ-Bigmat) désormais en première division, faut-il s'en réjouir ou attendre plus ?

Je pense que c'est le minimum syndical. Compte tenu de la valeur du calendrier français, de l'histoire du cyclisme tricolore, de l'importance de la France dans le contexte international de ce sport, du nombre d'équipes, de la qualité des structures au niveau éthique, financier et sportif de nos formations, il est plutôt normal qu'il y ait deux équipes. Personnellement, j'en espère plutôt trois. Peut-être dans les prochaines années. Ce serait un juste équilibre et un juste retour par rapport à l'investissement d'un pays comme la France dans le cyclisme. S'il n'y avait pas la France dans le vélo, le sport cycliste serait sans doute aux trois-quarts mort. L'UCI doit en être consciente !

Ce mercredi, on a appris qu'il y aurait finalement un procès dans l'affaire Puerto. Est-ce un bien que l'on aille enfin au bout des choses ?

C'est bien que l'on avance un peu plus dans le fond des choses. Le seul regret que l'on puisse avoir, c'est que ça ait mis autant de temps. Mais on sait qu'en Espagne, c'est parfois un peu plus difficile qu'ailleurs, ça prend plus de temps. Je pense que c'est quand même une bonne chose qu'il y ait un procès dans cette affaire Puerto. Je ne sais pas si on ira tout au bout, cette fois-ci. Mais au moins, on aura fait ce premier pas.