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Mondiaux : Tous derrière Voeckler

Thomas Voeckler avec Mickaël Delage

Thomas Voeckler avec Mickaël Delage - -

Composée autour de Thomas Voeckler, l’équipe de France avance aux Championnats du monde de Valkenburg avec un sérieux coup à jouer. A condition que les hommes de Jalabert se mettent entièrement à disposition de leur leader.

Thomas Voeckler a acquis au courage ses galons de grand chouchou du public français sur les routes du Tour de France. Mais son statut au sein du peloton est tout autre, son caractère bien trempé lui ayant attiré quelques inimités. Sa nomination en tant que leader de la sélection tricolore a donc naturellement soulevé quelques interrogations. Laurent Jalabert, le sélectionneur, s’est donc montré très clair : « Soit vous roulez pour aider Voeckler, soit vous ne venez pas. » Réaffirmant ainsi sa conviction profonde : « C’est Voeckler qui a le plus de chance sur ce parcours, et ça, c’est indiscutable. » Et quand on interroge ‘’Jaja’’ sur des inimités supposées, il reprend : « C’est ce que tout le monde me dit, mais moi personne ne me l’a dit (malicieux). Peut-être qu’un ou deux ne l’aime pas beaucoup, mais ce n’est pas important. Moi aussi je ne suis pas très apprécié, mais qu’est-ce que ça peut faire ? »

A en croire le discours des coéquipiers de Voeckler, le message du sélectionneur est bien passé. « Dimanche, on aura vraiment une équipe de France, lance Jérôme Coppel. On va oublier nos équipes respectives pour fonctionner ensemble. Il faudra qu’on ait les jambes pour protéger Thomas. Au niveau du parcours pur, il a ses chances pour faire un podium. » Même son de cloche chez Jérémy Roy : « C’est vrai que certains coureurs peuvent ne pas l’apprécier, mais l’équipe a été réfléchie et bâtie autour de Thomas. Ça se passera bien ». Quant à son coéquipier chez Europcar, Vincent Jérôme, il le voit carrément « champion du monde », affirmant que tous les coureurs seront « là pour lui, sans arrière-pensée ».

Chavanel : « Normal qu’il soit leader »

Même Sylvain Chavanel, le rival et considéré comme électron libre dans cette équipe, semble avoir fait allégeance. « C’est normal qu’il soit leader par rapport aux résultats qu’il a eus. L’esprit d’équipe est primordial dans le vélo, et on aura besoin de tout le monde pour construire une victoire. » C’est vrai que les résultats plaident en sa faveur. Cette année, il a remporté deux étapes du Tour de France, décroché le maillot à pois sur l’épreuve, s’est imposé sur la Flèche Brabançonne, s’est classé 4e de Liège-Bastogne-Liège et 5e de l’Amstel Gold Race et son sommet du Cauberg, qui sera la dernière difficulté du parcours des Mondiaux.

On mettra donc sur le compte de la concentration l’apparent manque de convivialité qui régnait lors de la séance d’entraînement du jeudi. Une chose est sûre, Voeckler s’est préparé comme jamais pour ce rendez-vous qu’il a coché depuis longtemps, lui qui est arrivé sur place bien avant ses coéquipiers. On ne reste bien sûr pas à l’abri d’une surprise… « En 1997, j’étais désigné leader pour les Mondiaux, rappelle Jalabert et pourtant c’est Laurent Brochard qui a gagné ! C’est la course qui dicte ces règles. » La dernière victoire française aux Championnats du monde.

Alexis Toledano, avec Georges Quirino à Valkenburg