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Opération nettoyage chez Sky

David Brailsford

David Brailsford - -

Après avoir remercié Bobby Julich et Steven de Jongh, Sky s’est séparé de Sean Yates. Directeur sportif depuis 2010 et grand artisan de la victoire de Bradley Wiggins au Tour de France, il part officiellement pour « raisons personnelles »…

L’affaire Lance Armstrong n’en finit pas de faire des remous. Et pas forcément où on les attend. Une semaine après la radiation du Texan par l’UCI, Sky a décidé d’accepter la démission de son directeur sportif Sean Yates. Une manière diplomate et polie pour dire que la formation britannique n’accepterait plus en son sein des membres de staff ayant trempé dans des affaires de dopage. Même si la formation britannique relativise largement. « Après avoir consacré de longues années au cyclisme, Sean nous a dit qu’il souhaitait partir pour des raisons personnelles, évoque le communiqué. Sean a été d’une grande aide pour les coureurs et un collègue de grande valeur. Nous lui souhaitons le meilleur pour les prochaines étapes de sa vie. »

Derrière les discours de façade, une volonté claire de faire le ménage. David Brailsford, le patron de l’équipe, a ainsi débuté une série d’entretiens avec les coureurs, les managers et toutes les personnes du staff. Même si le communiqué indique que « rien n’était requis pour lui demander de quitter l’équipe », son passé ne plaide pas pour lui. Retiré des pelotons depuis 1996, Yates (52 ans) partageait son quotidien avec son coéquipier d’alors chez Motorola, Lance Armstrong. Avant de retrouver le Texan comme directeur sportif chez Discovery Channel (2005) et Astana (2009).

Et si ce n’était qu’un début ?

Yates, victime collatérale ? L’équipe s’en défend, tout en reconnaissant en off qu’elle ne livrera pas « en pâture » les noms de ses membres au passé trouble et les raisons de leurs départs. Un pacte qui ne tiendra qu’à condition qu’ils aient été salis dans une période antérieure à leur contrat chez Sky. Le départ du directeur sportif ayant mené Bradley Wiggins à la victoire sur le dernier Tour, intervient quelques jours après ceux de Steven de Jong et Bobby Julich. Le premier traine comme casserole d’avoir été lié à la formation néerlandais TVM, impliquée dans de nombreuses affaires de dopage dans les années 1990. Le second a admis s’être dopé - et c’est aujourd’hui le seul à l’avoir fait parmi les trois concernés - entre 1996 et 1998.

Yates, De Jongh et Julich ont tous reçu d’importantes indemnités pour leurs confessions mais tout autre membre de l’équipe signant une déclaration de confiance serait renvoyé sans contrepartie en cas de dopage avéré. Dans l’entourage de l’équipe, on avoue avoir fait signer un questionnaire pour rassurer le sponsor et ne « pas se retrouver dans la même situation que Rabobank », à l’arrêt la saison prochaine. Car il semblerait que David Brailsford ait été marqué par le contenu du rapport de l’USADA. Lui qui se refusait à engager le moindre coureur ou encadrant ayant trempé dans du dopage, aura certainement beaucoup de travail dans les prochains jours. Car comme il le reconnait lui-même : il est « fort probable » que de nouveaux départs interviennent.

Pierrick Taisne (avec GQ)