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Oprah, peut mieux faire…

Oprah Winfrey et Lance Armstrong

Oprah Winfrey et Lance Armstrong - -

La célèbre présentatrice a-t-elle été à la hauteur de l’évènement ? Les aveux parfaitement calculés de Lance Armstrong s’expliquent aussi par la prestation d’Oprah Winfrey. Directe, mais pas toujours prête à pousser son invité dans les cordes.

Beaucoup doutaient d’Oprah Winfrey pour extraire le maximum de l’interview avec Lance Armstrong. Le passage de Marion Jones en 2008, affirmant sans sourciller qu’elle n’était pas au courant de prendre des produits interdits, est resté dans les mémoires des journalistes d’investigation sportive. « J’espère que tu te sera documentée avant l’interview. Je connais des gens qui peuvent t’aider », l’interpellait Kathy LeMond sur Twitter, le 8 janvier. La célèbre intervieweuse n’a pas donné raison aux sceptiques.
Mardi sur CBS, elle affirmait avoir lu toute la documentation possible, du rapport de l’USADA aux livres de David Walsh. On ne l’y prendrait pas. Le début de l’entretien a été mené tambour battant par une série de questions « oui » ou « non » sur l’usage d’EPO et d’autres produits. Mais après un feu d’artifices inaugural, la présentatrice est retombée dans ses travers. Question : « Comment faisiez-vous, expliquez-nous le système ? » Réponse : « Trop long à expliquer… » Question : « Vous ne vous êtes pas dopé après 2009 ? » Réponse : « Non. » Il aurait été judicieux de rappeler à Armstrong qu’il a continué à voir le docteur Ferrari ces années-là. C’était dans le rapport de l’USADA, certifié par les carabiniers italiens.

« Je n’ai pas envie de répondre à cette question »

Refusant de « mouiller » d’autres personnes, éludant les questions relatives à l’organisation du dopage, Armstrong a carrément botté en touche quand on l’a interrogé sur Betsy Andreu accusant le Boss d’avoir dit à ses médecins dès 1996 s’être dopé. « Je n’ai pas envie de répondre à cette question ». Oprah n’a pas enfoncé le clou. Elle avait pourtant promis une interview sans tabous. Beaucoup de relances sur le registre psychologisant, pas assez de faits. Divan ou interview-confession ? « Plus je repense à l’interview, plus je me rends compte qu’il y a des omissions et des sujets non traités », dira David Walsh, le journaliste anglais, l’un des grands dénonciateurs de la supercherie Armstrong. Oprah y est pour quelque chose.

Louis Chenaille