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Paris-Nice : l’année des Français ?

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Avec Romain Bardet et surtout Sylvain Chavanel, les coureurs français pourraient profiter d’un parcours très atypique pour inscrire un de leurs noms au palmarès de la « course au soleil », dont le départ est donné ce dimanche (11h40).

On vous parle d’un temps que les moins de vingt ans peuvent à peine connaître. Trois années de suite, de 1995 à 1997, durant lesquelles Laurent Jalabert avait posé sa patte sur Paris-Nice. Dix-sept ans plus tard, la France attend toujours son successeur. Mais cette année pourrait bien être la bonne. Avec un parcours atypique de 1447 kilomètres, plus grande distance parcourue depuis 1968, qui ne comprend ni chrono (première depuis… 1955) ni arrivée en altitude (la quatrième étape, avec la cote du Mont Brouilly, et la sixième, avec une arrivée en bosse à Fayence, apparaissent comme les deux journées où les différences peuvent le plus se faire), la « course au soleil » s’offre un lifting qui devrait sourire aux baroudeurs. « Il était nécessaire de sortir des stéréotypes, explique Christian Prudhomme, responsable du cyclisme chez ASO, la société organisatrice. Cette édition est très ouverte. Que voulons-nous ? Que l’intelligence de course et l’instinct reviennent au premier plan. On veut redonner la prime aux attaquants et aux audacieux. »

Résultat ? En l’absence de dernière minute du tenant du titre, Richie Porte (Sky), qui n’aurait certainement pas signé le doublé vu le profil du parcours, quelques favoris se dégagent malgré un tracé qui rend l’exercice difficile : l’Italien Vincenzo Nibali (Astana), le champion du monde portugais Rui Costa (Lampre) et l’Américain Tejay Van Garderen (BMC) Et dans cette catégorie de coureurs portés sur l’offensive, deux noms tricolores pourraient viser la victoire : Sylvain Chavanel et Romain Bardet. Nouvelle recrue de l’équipe IAM, dont il sera le seul leader, le premier a déjà connu la joie du podium sur Paris-Nice (3e en 2009) et avait pris la cinquième place l’an passé, maillot vert et succès d’étape en prime. A 34 ans, il ne se cache pas : Paris-Nice fait bien partie, avec les classiques printanières, de ses grands objectifs de la saison.

Pineau : « Je ne vois pas Nibali plus fort que Chavanel »

« Je suis là pour le général et pour gagner une étape, clame Chavanel. C’est un parcours qui me convient parfaitement même si un prologue m’aurait encore plus avantagé. Ça va se jouer à la seconde. Soit ce sera la course la plus ennuyeuse de l’histoire, soit on verra des coups de Trafalgar de partout. Mon ambition reste la même, je veux remporter Paris-Nice un jour. » Jérôme Pineau, qui l’a suivi partout ces dernières années, veut croire en son coéquipier : « Rui Costa n’est pas encore à son meilleur niveau, tout comme Nibali que je ne vois pas plus fort que Sylvain. Il a ses chances. L’absence de Porte va également changer les choses car Sky ne va pas contrôler la course. » Meilleur Français du dernier Tour (15e), Bardet devrait lui aussi pouvoir jouer les premiers rôles sur ce Paris-Nice atypique.

D’autant que le leader de l’équipe AG2R, déjà vainqueur dans la Drôme (Coupe de France) en ce début de saison, affiche un bon niveau de forme. « C’est un coureur remarquable, qui grandit, très intelligent, juge Prudhomme. On veut remettre l’instinct à l’honneur et lui peut en profiter. » On aurait aussi imaginé un Thomas Voeckler au top sur ce parcours. Mais une clavicule cassée début janvier a retardé sa préparation et l’oblige à se présenter encore un brin convalescent. « Pour une fois que le parcours était fait pour moi, je suis amoindri », explique, dépité, le coureur du Team Europcar. Qui a bon espoir de voir ses compatriotes briller : « Chavanel peut gagner, Bardet aussi ». Tony Gallopin (Lotto-Belisol) et Arthur Vichot (Fdj) sont deux autres noms tricolores à surveiller. Sans oublier Nacer Bouhanni (Fdj) et Bryan Coquard (Europcar) pour viser des victoires d’étape au sprint. Bref, le camp français aura de jolis arguments à présenter.

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A.H avec G.Q.