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Paris-Nice : le peloton sur les traces de la F1

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La troisième étape de la « course au soleil », ce mardi, se termine sur le circuit de Nevers Magny-Cours, longtemps utilisé pour la F1. Les sprinteurs, souvent fans de sport auto, vont pouvoir se défier dans un cadre idéal pour la vitesse.

Des routes bien larges. Un revêtement parfait pour la vitesse. L’arrivée de la troisième étape de Paris-Nice sur le circuit de Formule 1 de Nevers Magny-Cour (il a accueilli des GP de 1991 à 2008), ce mercredi, au terme des 180 kilomètres depuis Toucy, offre un cadre idéal pour une explication entre bolides du peloton. Souvent fans de sport automobile, les sprinteurs vont pouvoir se régaler. « C’est sympa, c’est un format qui change de d’habitude, juge le Français Bryan Coquard de l’équipe Europcar. J’ai eu l’occasion de vivre une arrivée sur un circuit au Tour d’Algarve, au Portugal, et ça fait vraiment bizarre parce que c’est super large. Ça va être difficile de prendre ses repères sur une arrivée aussi large mais c’est pour tout le monde pareil. Je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de coureurs qui ont déjà eu l’occasion d’arriver là-dessus donc je ne sais pas du tout comment ça va se passer. »

Christian Prudhomme s’affiche heureux d’une particularité bien dans le ton d’un Paris-Nice au profil atypique. « Il y avait une vraie volonté du circuit de Magny-Cours d’avoir l’arrivée d’une étape de Paris-Nice, explique le directeur de l’épreuve. Ça va émoustiller les sprinteurs. Les sprinters, c’est la vitesse dans le vélo. Ils sont tous plus ou moins fans de F1. Fernando Alonso, ce n’est un secret pour personne, souhaite s’investir dans le vélo. Donc arriver à Magny-Cours, sur une voie très large, faite pour la vitesse, ça va forcément leur plaire. Sur la carte de visite, une victoire à Magny-Cours dans ce Paris-Nice 2014, ça fera pas mal. »

Fernando Alonso rêve de monter une équipe cycliste

Les rapprochements entre cyclisme et Formule 1 sont plus nombreux qu’on ne l’imagine. Plusieurs équipes cycliste ont travaillé ou travaillent encore avec des écuries de F1, notamment en soufflerie pour étudier la pénétration dans l’air. Le Team Sky collabore avec McLaren, Movistar avec Mercedes (Nairo Quintana, deuxième du Tour de France 2013, y a fait des tests en soufflerie la semaine dernière) et Europcar avec Alain Prost et Magny-Cours. Sans oublier l’équipe Renault de Bernard Hinault et Laurent Fignon qui collaborait déjà, dans les années 80, avec l’écurie F1 de la marque. « Il y a une relation particulière entre nos univers, confirme Jean-René Bernaudeau, manager d’Europcar. Dans le cyclisme, à l’image de Sky, on s’approche des structures professionnelles à l’extrême. C’est un cyclisme de haut niveau et je pense qu’on peut parfois copier sur la F1. Les enjeux sont tels qu’aucun détail n’est négligé : la santé, la recherche, le développement, l’ergonomie. On a fait de la soufflerie, les fluides qui sont une dimension supplémentaire de la pénétration dans l’air. Tous ces phénomènes liés à la performance, où il y a de vraies similitudes. »

Si Fernando Alonso, double champion du monde de F1 actuellement chez Ferrari, concrétise sa volonté de monter une équipe cycliste de haut niveau pour l’année prochaine, les liens entre les deux mondes pourraient encore se renforcer. Fan de vélo et très ami avec Alberto Contador, le pilote espagnol devrait travailler toute la saison sur son projet. Il a notamment tenté d’enrôler le Slovaque Peter Sagan (Cannondale) et avait essayé, sans succès, de racheter la défunte équipe basque Euskaltel. Son rêve de former un jour une grande équipe de cyclisme reste intact. En attendant, à Magny-Cours, ce sera aux sprinteurs de se prendre pour des pilotes.

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A.H. avec G.Q. à Saint-Georges-sur-Baulche