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Paris-Nice : Porte, le nouveau diable de Sky

Richie Porte

Richie Porte - -

En devenant ce dimanche le premier Australien à remporter Paris-Nice, Richie Porte (28 ans), originaire de Tasmanie, se positionne comme un nouveau ténor de l’équipe Sky derrière Bradley Wiggins et Chris Froome.

Richie Porte était attendu, il n’a pas craqué. Il est devenu, ce dimanche, le premier Australien à inscrire son nom au palmarès de Paris-Nice en remportant le contre-la-montre au col d’Eze lors de la 7e et dernière étape. Leader du classement général depuis la cinquième étape, le natif de Tasmanie a logiquement conservé son maillot jaune sur ses routes d’entraînement. « Il y a un toujours un peu de pression quand il faut répondre présent le jour où ça compte vraiment », respire le coureur, soulagé. Car à 28 ans, Richie Porte a encore tout d’un novice (pro depuis 2010), lui le spécialiste du triathlon arrivé tard au cyclisme. Impérial dans son rôle d’équipier auprès de Bradley Wiggins l’année dernière sur le Tour de France (34e du classement général), il a été placé dans un autre rôle, celui de leader, sur ce Paris-Nice.

« Qu’il gagne, qu’il fasse podium ou cinquième, le but était qu’il apprenne et qu’il se concentre à faire des choses pour devenir un vrai leader pour les Grands Tours, explique Nicolas Portal, directeur sportif chez Sky. Il a un très gros statut chez nous, il fait partie des coureurs clés. On croit en lui. » En une semaine, celui qui avait terminé 7e du Giro en 2010 a parfaitement répondu aux attentes en décrochant notamment une victoire de prestige au sommet de la Montagne de Lure, vendredi. « Il a énormément progressé par rapport à l’an dernier, se rappelle Portal. Sur la Vuelta, il avait du mal à frotter et à se balader devant. Là, il s’est fait la place tout seul. Pour être un leader et aller à la gagne sur un Grand Tour, il faut savoir frotter. Il faut apprendre à rester calme, à ne pas paniquer. »

Porte : « Un rôle majeur sur un Grand Tour dans deux ans »

Une progression qui ouvre de nouvelles perspectives à la formation Sky. Mais pas question pour autant de remettre en cause la hiérarchie derrière les intouchables Bradley Wiggins, vainqueur du dernier Tour de France, et Chris Froome, son dauphin voué à devenir n°1 sur la Grande Boucle cette année. C’est d’ailleurs la prochaine mission, celle de simple équipier, qui attend désormais Richie Porte. Avant de penser à un autre avenir ? « Il sera très jaune j’espère ! Mais pour le moment, je suis content d’aider mes amis Bradley Wiggins et Chris Froome sur le Tour de France, assure-t-il. Je montre que, dans deux ans, je pourrai avoir un rôle majeur sur un grand Tour. »

Car pour le moment, les leaders répondent présent à l’instar de Froome, en tête du classement général sur le Tirreno-Adriatico. Hormis le Tour d’Espagne, les perspectives de triompher à court terme dans un Grand Tour semblent bouchées. « A nous de lui faire comprendre qu’il y a une équipe autour de lui, anticipe déjà Portal en pensant à l’avenir de son protégé. On ne fait pas les choses au hasard. On veut lui donner un plan de carrière en lui assurant qu’il a un futur avec nous. Car sa cote va monter. » « Il y a abondance de biens chez Sky, note Christian Prudhomme, directeur de l’épreuve. Il y aura peut-être quelques discussions dans l’équipe pour savoir quel sera le leader. Ça va donner des choses croustillantes. »

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Satisfecit chez les Français|||

A l’arrivée au col d’Eze, ce dimanche, un Français en a chassé un autre sur le podium final. Quatrième du contre-la-montre, Jean-Christophe Péraud (AG2R-La Mondiale) a pris la 3e place de Sylvain Chavanel (Omega Pharma-Quick Step), 9e de l’étape et finalement 5e du classement général. « Je suis super content. Toute l’année, on essaie de monter sur des podiums, de gagner et d’avoir de bons résultats. Quand ça sourit, on est super heureux, se réjouit Péraud. Depuis que je suis professionnel, c’est mon meilleur résultat même s’il y a aussi ma première victoire au Mont-Faron (4e étape du Tour méditerranéen en février, ndlr). J’ai pris beaucoup de plaisir en peu de temps. » Malgré sa perte de deux places eu général, Sylvain Chavanel a lui aussi livré un bilan positif de l’épreuve qu’il termine avec une victoire d’étape (la 6e) et un maillot vert. « C’était mon premier grand objectif de l’année. J’ai répondu présent et je suis satisfait de ma course, explique-t-il. Paris-Nice, c’est une course à étapes, le premier grand rendez-vous de l’année. Je vais essayer d’améliorer ma condition pour arriver en très bonne forme à Paris-Roubaix. Toute cette période est très importante pour moi. »

Nicolas Couet avec Georges Quirino