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Pauline Ferrand-Prévot raconte sa saison galère et met son avenir entre parenthèses

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Pauline Ferrand-Prévot est revenue ce jeudi sur ses JO ratés, où on l’aura vu finir 26e de la course en ligne et abandonner lors de l’épreuve de VTT. Deux contre-performances que la triple championne du monde 2014 explique par sa saison cauchemar.

On avait fait d’elle une chance de médaille. Une des valeurs sûres de l’équipe de France de cyclisme lors des Jeux olympiques de Rio. Mais Pauline Ferrand-Prévot n’a pas assumé ce statut. Ou plutôt n’a pas pu l’assumer. Vingt-sixième de l’épreuve de course en ligne et contrainte à l’abandon en VTT, la triple championne du monde 2014 n’avait pas les armes pour revenir du Brésil avec une breloque autour du cou. La raison à une satanée fracture de fatigue au genou et à des douleurs récurrentes au dos, ce qu’a choisi d’expliquer la jeune femme (24 ans) sur sa page Facebook.

« Les JO étaient le rêve d'une vie, mais aussi ma plus grande angoisse depuis que j'ai commencé mon hiver avec cette fracture de fatigue au niveau du genou, raconte « PFP ». J'ai fait le choix de descendre habiter dans le sud afin de pouvoir rouler dans de meilleures conditions et de rattraper mon retard. De forts problèmes d'allergies se sont fait ressentir au bout de quelques semaines sur place (…) Mes problèmes d'allergies ne passant pas, abandonnant les premières courses de la saison, j'ai été 3 semaines sous antibiotiques. Pas de changement à la fin du traitement. On décide de me mettre sous corticoïdes (…)

La fatigue du début de saison, où même si j'ai très peu couru se fait ressentir. Mes douleurs de sciatique réapparaissent (…) Chaque entraînement est un calvaire. Tous les jours en me réveillant je me dis que c'est un jour de moins vers la plus grosse échéance de ma carrière (…)

« Le vélo est devenu mon plus grand cauchemar »

Début juillet on trouve un traitement qui fonctionne pour mes problèmes de sciatiques au CHU de Besancon. Je vois enfin le bout du tunnel. Je peux désormais m'entraîner comme je le souhaite. J'ai accumulé énormément de retard. Ma sélection pour les JO sur les 2 disciplines est beaucoup critiquée, alors que j'étais la seule française à avoir répondu aux critères de sélection. La course contre la montre est lancée. Je deviens championne de France VTT, je vois une lueur d'espoir. Chaque semaine, je vois que je progresse un peu plus. Je me dis que le timing va été très short, mais que ça peut le faire. 

Finalement, on ne rattrape jamais vraiment tout son retard, même en étant très sérieuse. Mon corps est meurtri, j'ai du poids en trop alors que je mets tout en place pour réussir à perdre mes kilos. Ces JO ont été le résultat d'une année de galère. "Abandonner c'est perdre", finalement cette phrase conclut bien ce samedi 20 août 2016. Je voulais finir cette course dont j'ai tant rêvé, mais mon corps ne pouvait plus. C'était vraiment impossible pour moi. »

Après une telle épreuve, reverra-t-on Pauline Ferrand-Prévot sur un vélo ? L’intéressée laisse la porte ouverte à tous les scénarios. C'est dur à encaisser depuis samedi. Tout le monde permet de donner son avis, ou de juger. Mais je tenais à m'expliquer. Je termine ma saison sur un abandon. Je ne sais pas quand je remonterai sur un vélo. Le vélo était ce que j'aimais le plus faire, mais c'est devenu mon plus grand cauchemar. »