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Baugé : « Il y a un fossé entre les Anglais et moi »

Grégory Baugé

Grégory Baugé - -

Dominé par les Britanniques aux Six Jours de Rotterdam, Grégory Baugé s’apprête à entamer sa préparation qui doit le mener aux JO de 2016. En attendant, il se réserve la possibilité de zapper les Mondiaux, à Minsk (20-24 février).

Grégory, quel bilan tirez-vous de ces Six Jours de Rotterdam ?

C’est clair que ça a été difficile. On était quatre sprinteurs, il n’y avait que des champions du monde et des champions olympiques. Au niveau du circuit, tout sprinteur rêve de participer à ce rendez-vous. Mais quand on n’a pas le même programme que ses concurrents, on ne peut pas rivaliser. J’ai très vite vu, dès le 3e jour, que même si je me donnais à fond ça n’allait pas changer grand-chose.

Comment avez-vous trouvé Chris Hoy et Jason Kenny ?

Je n’ai vraiment pas la forme des Jeux (vice-champion olympique en individuel, ndlr), il y a un fossé entre les Anglais et moi. Ils sont en forme pour les championnats du monde (20-24 février à Minsk, Biélorussie). Ils ont coupé, mais moins que moi. Kenny aux Quatre Jours de Grenoble, il me donnait l’impression d’avoir pris deux semaines de vacances. Moi, j’avais besoin de souffler parce qu’il y a eu la déception des Jeux et qu’il le faut avant de repartir pour quatre années.

Kenny vous impressionne-t-il ?

Pour le moment, il ne m’impressionne pas. Hoy est sur la pente descendante, même s’il se débrouille encore bien sur le keirin. Kenny est champion olympique de vitesse. Ça me fait du bien d’être un peu derrière, je vais devoir retravailler.

Y a-t-il une vraie rivalité entre vous ?

Oui, une rivalité mais saine. Tout ce qui s’est dit cet été, je le laisse à ceux qui ont parlé. Ceux qui ont parlé sont dans leur rôle. Je n’ai rien contre les Anglais, ils ont leur méthode et leur stratégie. A Pékin, ils ont écrasé tout le monde, chez eux ils ont écrasé tout le monde. Voilà… Beaucoup de choses ont été dites, mais c’est à nous de nous remettre en question. C’est bien de parler, mais si on ne fait rien, ce sera pareil dans quatre ans.

Comment abordez-vous les prochains Mondiaux ?

Je n’ai pas de titre à défendre, ceux que j’ai gagnés, on ne pourra pas me les enlever. Le sprint, c’est mental. Si je n’ai pas faim, je ne serai pas comme d’habitude. On verra aussi la condition, si je sens que je ne suis pas capable de gagner, voire d’accrocher un podium, je n’irai pas. Je m’entraine pour la victoire, je fais de la compétition pour la victoire. On verra dans les semaines qui vont venir. 

Vous reprenez l’entrainement ?

Oui, je retourne à l’INSEP avec un programme différent des autres, qui ont repris plus tôt. J’ai besoin de prendre l’air par rapport à mon sport. Je vais toucher à la boxe, la natation. Je commence ma préparation pour 2016 dans quelques semaines.

Le titre de l'encadré ici

Baugé bon dernier à Rotterdam|||

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le champion du monde de vitesse Grégory Baugé n'a pas été à la fête aux Six Jours de Rotterdam. Une victoire en keirin en dix-huit courses (sprint, sprint par équipes, keirin) pour le vice-champion olympique face aux intraitables britanniques Chris Hoy (36 ans) et Jason Kenny (24 ans), ses bourreaux à Londres, visiblement pas venus aux Pays-Bas en touristes. Le classement final : Hoy (37 points), Kenny (38), le Néerlandais Teun Mulder (56), Baugé (75).

Propos recueillis par Louis Chenaille