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Lappartient : « Les Anglais ont copié le modèle français »

David Lappartient

David Lappartient - -

S’il juge le bilan meilleur qu’à Pékin, le président de la Fédération française de cyclisme aurait aimé plus de médailles pour les pistards. Conscient de la domination britannique, il invite à une réflexion globale pour rattraper le retard sur les Anglais.

David, avec trois médailles d’argent décrochées sur la piste, quel bilan faites-vous pour le moment de ces Jeux ?

C’est déjà mieux qu’à Pékin mais malheureusement, on espérait un peu plus de médailles. Pas forcément plus en nombre mais dans la couleur du métal. On espérait deux médailles d’or. Ça n’a pas été le cas. Il ne faut pas se cacher, on cherchait l’or en vitesse individuelle pour Grégory Baugé et l’or en vitesse par équipe.

Vous attendiez-vous à une telle razzia de la part des Britanniques ?

L’équipe de Grande-Bretagne est quand même la première nation de cyclisme sur piste. Leur domination n’est pas illogique en soi. Mais les Britanniques ne dominaient pas non plus toutes les disciplines. En vitesse par équipes, nous n’avions plus été battus par les Anglais depuis quatre ans. Grégory Beaugé n’avait plus été battu par Jason Kenny depuis quatre ans. On fondait des espoirs légitimes. On a réussi à élever notre niveau. Les coureurs français ont réussi à battre par deux fois le record olympique. Mais les Anglais ont réalisé un nouveau record du monde, c’est dire qu’ils ont encore plus haussé leur niveau que nous.

Est-ce que, comme certains, vous émettez des doutes sur la domination des Anglais ?

Je n’ai pas de raison d’avoir de doutes de la performance des Britanniques. On sait qu’ils se sont attachés à regarder l’ensemble des moindres détails, ce que nous avions fait lorsque nous avions révolutionné l’approche du cyclisme sur piste et que nous avons dominé ce sport en 1996 et 2000. Les Anglais ont copié le modèle français, l’ont amélioré. Nous devons maintenant nous poser un certain nombre de questions pour revenir au niveau qui était le nôtre avant. Et les Anglais ont quatre à cinq fois plus de moyens sur l’équipe olympique que nous. Ils les concentrent essentiellement sur la piste alors que nous essayons d’être compétitifs dans l’ensemble des disciplines.

Vous parlez de la piste, mais les Anglais excellent aussi sur route, comme ils l’ont prouvé lors du dernier Tour de France avec l’équipe Sky. On risque de voir leur domination s’étendre sur une bonne durée.

Oui, ils sont peut-être partis pour dominer pendant quelques années. Comme vous le dites, il y a aussi l’apport de l’équipe Sky, qui a un budget considérable par rapport aux autres équipes. Quand on additionne tout ça, ça fait une force très importante. Maintenant, il n’y a pas de raison que demain, nous ne soyons pas capables de revoir notre modèle. Il faut peut-être aussi que nous puissions faire évoluer notre culture strictement route en France pour consacrer certains athlètes à la piste. Rappelons que Bradley Wiggins est un produit de la piste.

Vous parliez du BMX. Quels sont les objectifs de médailles ?

Nous viserons dans les quatre épreuves l’or olympique. En BMX, on a tout simplement les deux meilleurs mondiaux chez les hommes et chez les femmes (Joris Daudet et Magalie Pottier, ndlr), et en VTT Julien Absalon tentera de décrocher son 3e titre consécutif. On a une densité de champions dans ces deux disciplines qui nous permet de voir avec optimisme les prochains jours.

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