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Riblon : « Je pense avoir franchi un cap »

Christophe Riblon

Christophe Riblon - -

Vainqueur d’étape à l’Alpe d’Huez sur le dernier Tour de France, Christophe Riblon a enchaîné avec un beau Tour de Pologne avant 15 jours de repos. De quoi recharger les batteries en vue de l’objectif de sa fin de saison : les championnats du monde.

Le Tour de France 2013 : souvenirs, souvenirs

« Il reste plein de souvenirs mais ce que je retiens surtout, c’est la reconnaissance des médias et du public. C’est incroyable. J’ai pu le constater pendant mes 15 jours de vacances : énormément de gens me reconnaissent, me remercient pour ce que je leur ai apporté et me félicitent. Je mesure l’impact mais je ne me rends pas vraiment compte que dans la tête des gens, j’ai réalisé un truc exceptionnel, dans une étape exceptionnelle, avec cette double ascension de l’Alpe d’Huez. Cest vrai que je profite de tout cela. Je vais faire l’enregistrement du « Plus grand cabaret du Monde » avec Patrick Sébastien début septembre. Ce sont des petites choses sympathiques qui ne m’étaient pas arrivées après ma victoire à Ax-3 Domaines (sur le Tour 2010, ndlr). Je suis ouvert à beaucoup de choses tant que j’ai le temps. J’aimerais bien être invité à Fort Boyard ! »

Déjà la tête au prochain Tour ?

« Sur les courses de trois semaines, j’ai toujours eu un ou deux jours moins bien et je pense que ces courses sont réservées à des coureurs bien précis. J’ai des lacunes, notamment en contre-la-montre. Même si je me débrouille bien, je suis plus autour de la 20e place que de la 10e. Idem en montagne, je ne suis pas le meilleur grimpeur. Les étapes que je gagne, ce n’est pas en étant avec Froome et Quintana au pied donc il faut relativiser. Pour le futur, j’ai plus en tête des courses d’une semaine. Ou des classiques comme Milan-San Remo. Cette course peut vraiment me correspondre. Elle est longue, difficile. Sur le final, on retrouve les meilleurs et ceux qui ont une condition optimum. Ce sont les courses que j’aime, avec une grosse sélection. »

Troisième du Tour de Pologne : un déclic sportif ?

« Peut-être dans ma tête, même si la finalité n’a pas été ce que j’aurais aimé. Je termine troisième alors que j’avais les jambes pour gagner. J’ai remporté une étape, fini deuxième d’une autre et pris le maillot de leader mais après, il y a eu ce contre-là-montre… C’est un signe aussi pour me montrer qu’il y a encore des choses à travailler. Je pense avoir franchi un cap et je suis ambitieux, notamment pour le championnat du monde. Avant le Tour de Pologne, je ne pensais pas pouvoir rivaliser avec tout le monde. Maintenant, j’ai vu que je pouvais être très bon et si j’ai ce niveau-là mi-septembre, je pourrai être acteur du Mondial. Avec de bonnes circonstances de course, pourquoi ne pas être champion du monde ? »

Objectif Mondial sur le circuit de Florence

« Ce ne sont pas des choses auxquelles je pensais avant. Le titre mondial ne me paraissait pas accessible, c’était un lointain rêve. Aujourd’hui, j’ai l’impression que je peux le toucher. A Florence, il y aura près de 80 km en ligne et 180 km en circuit. Ce sera très dur, avec plus de 4000m de dénivelé et trois bosses par tour. Je prends comme référence le Tour de Pologne. L’étape ou je termine deuxième faisait 200 km avec 4300m de dénivelé. Ça se ressemble. J’étais très bien toute la journée et j’ai pu attaquer sur le final alors le championnat du Monde peut être une porte ouverte pour moi. Ma coupure de 15 jours a été bénéfique pour que je retrouve cette condition physique encore un bon mois. J’ai besoin, surtout moralement, de ces petits temps de repos. D’aller me baigner avec mes deux filles et ma femme. Ce n’était pas arrivé depuis près d’un an. Après ce repos, je me sens prêt à faire tous les sacrifices qu’il faut pour le championnat du monde, notamment sur la diététique ou l’entraînement. »

Sa présence au Tour du Limousin (20-23 août)

« Je suis dans une phase de préparation pour mon objectif : le championnat du Monde. Je vais profiter de ces quelques jours de course pour accumuler les kilomètres, faire des efforts… Après, je ne me mets pas de pression particulière au niveau du résultat. Mais si une occasion se présente, je ne freinerais pas. »

Dopage, suspensions et contrôles nocturnes

« Le dopage sanguin n’est pas quelque chose que l’on achète à la pharmacie ou un cachet que l’on prend. C’est du vrai dopage. Ça coûte cher, il faut tout un encadrement autour, des médecins… Les suspensions de deux ans ne sont pas adaptées. Ce n’est pas assez. Suspendre à vie est peut-être compliqué à mettre en place légalement. Mais quatre ou huit ans, c’est complètement envisageable. Plus les sanctions seront longues, moins il y aura de tricheurs. (…) Si on nous prouve que du dopage fait à 23 heures n’est plus détectable à 7h du matin, pourquoi ne pas faire des contrôles nocturnes ? Mais les gens doivent prendre conscience que si l’on vient frapper chez vous à 2h du matin, vos enfants dorment, notre femme va travailler le lendemain et cela peut durer jusqu’au petit matin avant de pouvoir uriner. Ce ne sont pas des décisions à prendre à la légère. »

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Propos recueillis par Olivier Schwarz