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Ricardo Ricco triche aussi

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Coup de théâtre sur le Tour de France. Le coureur italien Ricardo Ricco (Saunier Duval) a été contrôlé positif à l'EPO lors du Tour de France 2008.

Christian Prudhomme souhaitait un Tour de France propre. Il ne le sera pas. Après Beltran et Duenas Nevado, le célèbre tracé cycliste hexagonal se paie un nouveau scandale sur fond de dopage. Et pas le moindre. Cette fois, c’est l’Italien Riccardo Ricco qui a été pris dans les mailles du filet. Vainqueur de deux étapes de montagne, neuvième du classement général, meilleur jeune et surtout meilleur grimpeur de la compétition, le CV du coureur de la formation Saunier Duval est impressionnant… et sa chute programmée le sera tout autant.

Ce sont ces urines qui ont trahi ce jeune cycliste de 24 ans, des urines dans lesquelles reposaient des traces d’une EPO de troisième génération, une EPO dite « retard » dont les effets durent plus longtemps qu'une EPO classique. Il semblerait que tout comme Duenas, Ricco ait été contrôlé positif lors de la 4e étape du Tour, autrement dit, l'épreuve de contre-la-montre disputée à Cholet. Une découverte peu surprenante pour l’Agence Française de Lutte contre le Dopage, cette dernière ayant ciblé Ricco comme un des coureurs les plus susceptibles de consommer des produits interdits après des analyses sanguines effectuées les 3 et 4 juillet derniers. Déjà contrôlé à maintes reprises, quatre fois au moins, Ricco, cette fois-ci, ne devrait pas sortir indemne de la situation. Son équipe, afin de continuer à défendre ses chances sur le Tour, devait en effet l’écarter de la compétition le plus vite possible.

Saunier Duval préfère jeter l'éponge

Mais c'est finalement une décision bien plus tranchée qu'a adoptée la formation cycliste en définitive. Saunier Duval a tout simplement choisi de quitter le Tour de France, ne se présentant pas par la même occasion au départ de la 12 étape, ralliant les villes de Lavelanet et de Narbonne. Jusqu'à nouvel ordre, la formation cycliste ne se présentera lors des activités sportives dans lesquelles elle est encore engagée, une suspension provisoire bien évidemment.

Saunier-Duval, qui avait dominé les étapes de montagne, avait encore sept coureurs en course, dont Leonardo Piepoli, vainqueur de l'étape d'Hautacam, et l'Espagnol Juan Jose Cobo, huitième du classement général. La supériorité des Saunier-Duval sur certaines courses avait déjà défrayé la chronique par le passé et suscité les soupçons de leurs adversaires. La démonstration des hommes en jaune dans les Pyrénées cette année n'avait pas manqué non plus de susciter des interrogations. En quittant collectivement la course jeudi matin, la formation espagnole n'a donné aucune indication permettant de savoir si Ricco s'est dopé à l'insu de tous ou si d'autres membres de l'équipe sont également impliqués.

Dopé comme son idole... Marco Pantani

Ce geste, surtout nécessaire de la part de la Saunier Duval, ne calmera pas la grogne du public ni des autres équipes cyclistes présentes sur le Tour... Elle n'effacera pas non plus l'une des images qui devraient marquer cette édition 2008 : celle de Riccardo Ricco hué par la foule et emmené par des gendarmes à l'intérieur d'un véhicule de son équipe. On est loin du sourire radieux et des bras levés du jeune Italien à l'arrivée de Super-Besse et de Bagnères-de-Bigorre. Triste image, assurément.

Elle l'est forcément... d'autant plus qu'à l'heure d'analyser ce qu'on est désormais déjà en droit d'appeler l'affaire Ricco, la personnalité du bonhomme renvoie quelques certitudes. Admirateur déclaré du grimpeur Marco Pantani, Ricco marche dans les roues de son idole, discrédité par une sombre affaire de dopage... et décédé d'une overdose de cocaïne en février 2004. A défaut de le voir suivre la même tragique trajectoire que son prédécesseur, Ricco encourt une lourde suspension. Résultat : son bagoût et sa légendaire prétention devraient rester lettre morte pour un petit moment.

La rédaction - Alix Dulac