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Ricco, la sale saga du Cobra

Riccardo Ricco, ici lors de sa victoire en début de saison sur la Coppa Sabatini

Riccardo Ricco, ici lors de sa victoire en début de saison sur la Coppa Sabatini - -

Après avoir avoué qu’il s’était auto-transfusé, l’Italien risque à 27 ans la suspension à vie et même la prison. Portrait d’un accro au dopage.

« Le Cobra est mort ! Vous ne me croyez pas ? » lançait fièrement Riccardo Ricco en août 2010, au moment de sa signature chez Vacansoleil. En quête de rédemption après une suspension de deux ans, l’Italien croyait à une deuxième chance avec l’écurie néerlandaise. Connu pour son goût pour la provocation, on le pensait assagi. On se trompait. Hospitalisé dimanche suite à un malaise à l’entraînement, Ricco aurait avoué à un médecin avoir pratiqué une transfusion sanguine quelques semaines plus tôt… Il n’en fallait pas plus pour que le CONI et son équipe ouvrent des enquêtes, l’UCI se déclarant « furieuse ». Des réactions qui sanctionnent un coureur qui n’en n’est pas à son premier faux-pas.
Un contrôle positif à l’EPO en 2008 et une exclusion spectaculaire du Tour de France après deux victoires d’étapes en montagne réveillent encore des souvenirs douloureux chez ceux qui l’ont côtoyé. Mauro Giannetti, son ancien manager chez Saunier Duval, se souvient que le contrôle positif de son coureur avait contraint son équipe à se retirer de la Grande Boucle. « Riccardo m’a fait tellement de mal. Il m’a fait perdre des sponsors et beaucoup d’énergie, explique-t-il, amer. Il m’a mis dans la merde humainement et financièrement. Il était capable de tout. Je lui souhaite de se rétablir, mais je ne veux plus en entendre parler. »

« Il a oublié la réalité »

A l’époque, le Français Aurélien Passeron était son coéquipier. Il se souvient d’un Ricco « avec qui il était quasiment impossible d’avoir le moindre contact humain », d’un cycliste « qui courait après la gloire et qui a oublié la réalité ». En 2010, le sprinteur australien McEwen le qualifiait de « foutu hypocrite » et de « paquet de merde ». Désormais, c’est tout le monde du cyclisme qui lui tombe dessus. « Il a toujours une attitude un peu distante et arrogante », confiait Romain Feuillu, son coéquipier chez Vacansoleil peu avant ce nouvel et triste épisode.
Le dopage est devenu une institution chez les Ricco. Sa compagne Vania Rossi, a elle aussi été contrôlée positive à l'EPO en janvier 2010 lors d’une course de cyclo-cross, et son beau-frère, sprinter mineur, mis en examen pour « recel de produits dopants ».
C’est maintenant l’ombre de Marco Pantani qui plane au-dessus du lit d’hôpital de Ricco. Le Pirate, une idole à son image, retrouvé mort d’une overdose de cocaïne dans la chambre d'un hôtel miteux de Rimini en 2004. Ricco, dont le domicile a été perquisitionné mercredi par les Carabiniers, risque la radiation à vie et la prison en Italie.