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Robin : « Il y aura toujours des tricheurs »

Jean-Cyril Robin

Jean-Cyril Robin - -

EXCLUSIVITE RMC SPORT. Ex-coureur de la formation US Postal entre 1996 et 1998, Jean-Cyril Robin est l’un des trois seuls coureurs français à avoir été équipier de Lance Armstrong. Pour RMC Sport, l’homme âgé aujourd’hui de 43 ans livre un témoignage sans concession sur la chute de coureur texan.

Jean-Cyril Robin, comment réagissez-vous à la décision de l’UCI de retirer les 7 Tours de France au palmarès de Lance Armstrong ?

Je ne suis pas vraiment surpris. Ils n’avaient pas le choix. Mais c’est bien. Tant mieux, terminé. Fin de l’histoire. On tourne la page et on repart sur de bonnes bases.

Pensez-vous qu’il y aura un avant et un après-Armstrong au sujet du dopage ?

Oui, mais on avait déjà bien avancé. Le cas Armstrong est un petit peu à part. Je trouve que ça bouge bien depuis un petit moment. Et cela va encore évoluer. Mais je ne suis pas optimiste, car il y aura toujours des tricheurs. C’est dans la nature humaine.

Etes-vous affecté pour Armstrong, votre ancien partenaire ?

Affecté de quoi ? Quand il a commencé à tricher, l’affaire Festina venait juste de se terminer. Nous, les coureurs français, nous avons tous été auditionnés. Il y a eu des gardes à vues, des policiers partout. Ils ont mis le suivi biologique en place. On a dit stop, on a peut-être fait des erreurs mais aujourd’hui, c’est terminé. On s’est aperçu avec le rapport de l’USADA qu’il a commencé au moment où l’affaire Festina éclatait. Donc il savait qu’il risquait d’être rattrapé un jour ou l’autre. Il était plutôt gonflé, le mec (sic) !

Il était convaincu de ne jamais tomber…

C’est son problème ! J’ai du mal à le croire. Beaucoup de coureurs étaient au courant. Tout le monde le savait. C’est un peu comme quand des gangsters font un casse à dix. Un jour ou l’autre, il y en a un qui balance. C’est ce qui s’est passé. Il était un peu trop optimiste en pensant que rien ne pouvait lui arriver.

« Un peu comme des gangsters… »

Personnellement, étiez-vous au courant ?

Non. J’ai passé deux ans à l’US Postal, de 1997 à 1998. Lui est arrivé en 1998. J’ai juste fait une journée avec lui sur un Paris-Nice. Il a abandonné et est rentré aux Etats-Unis. Il faisait un temps pourri et il se demandait ce qu’il faisait sur le vélo. J’avais trouvé cela légitime. On l’a revu à l’arrivée du Tour de France, lors de la soirée.

Aviez-vous des doutes ?

Qui n’en avait pas au sein du peloton, du public et chez les personnes atteintes du cancer ? Je me le demande. Peut-être l’UCI… L’a-t-elle protégé ? Cela me dépasse complètement. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Mais je pense que ça va très loin.

Le palmarès du Tour de France sera donc exempt de vainqueur entre 1999 et 2005 (l’UCI confirmera ou pas cette décision ce vendredi)…

C’est triste pour le Tour parce que c’est notre patrimoine mais c’est comme ça. Mieux vaut avoir une période vide au palmarès que des tricheurs.