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Roger Legeay : « Europcar, une application simple de nos règles »

Roger Legeay

Roger Legeay - -

EXCLU RMC SPORT. Président du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), Roger Legeay revient sur l’affaire Europcar. Pour lui, les managers doivent prendre des sanctions lourdes vis-à-vis de leurs coureurs qui fautent.

Roger Legeay, l’équipe Europcar a été suspendue du MPCC en raison de l’imbroglio autour de Pierre Rolland. Aura-t-elle la possibilité de réintégrer le MPCC ?

Bien entendu. Le MPCC a été créé à l’initiative des managers pour un seul objectif à savoir l’image des équipes et du cyclisme. Le passé ne nous intéresse pas. A partir de janvier 2013, la question a été de savoir si tous les managers s’engageaient pour un cyclisme crédible avec de vraies règles. La réponse a été oui. Pour le moment, il y a 40 managers qui ont accepté sans oublier de très nombreux sponsors. Nous sommes dans la philosophie du futur. Les personnes qui veulent s’associer avec nos règles sont les bienvenues. Après, chacun fait ce qu’il veut. Il y a une règle, nous l’appliquons, point. Les managers peuvent prendre des décisions très fortes, mais c’est ainsi. Il faut le faire pour que le cyclisme progresse. Je souhaite que tout se passe bien et que les règles soient appliquées. Je ne suis pas inquiet. Ils vont sans doute continuer avec nous. Il en va de la crédibilité de tout le monde.

Comment a réagi le MPCC au sujet de Pierre Rolland et de son taux faible de cortisolémie ?

Depuis 2007, nous avons des règles strictes. Le MPCC est une association basée sur le volontariat. Avant d’y entrer, il faut bien avoir lu les règles. En ce qui concerne la cortisolémie, les médecins d’Europcar ont fait une erreur d’appréciation. Nous sommes dans l’application de nos règles. Si on veut vraiment avoir un cyclisme qui change avec des managers qui s’engagent et qui respectent ce processus, nous allons aller très vite vers la crédibilité du cyclisme. Sur le dossier Europcar, dans la santé, il est dit qu’une cortisolémie basse ou effondrée entraîne du repos et la nécessité de faire des examens. Le MPCC souhaite imposer ses règles. Sinon, nous n’avons pas lieu d’être. Ce qui se passe avec Europcar est une application toute simple de nos règles. Il n’y a pas d’autres motivations.

Vous êtes toujours défenseur d’un cyclisme propre…

C’est une cause noble de donner au cyclisme toute la crédibilité qu’il mérite. Le cyclisme est le sport de l’anti-dopage. C’est le sport qui réalise le plus de contrôles, qui va le plus loin dans les décisions y compris avec l’Union cyclisme internationale. Il faut continuer. Le MPCC essaie de faire comprendre aux coureurs qu’il faut arrêter avec les bêtises. Ceux qui ont un rôle capital, ce sont les leaders d’équipe. Ils ont la responsabilité de leur victoire. J’attends de ce 100e Tour de France que le vainqueur soit irréprochable.

A quels problèmes avez-vous été confronté ?

Depuis le 1er janvier, nous avons eu des équipes qui n’ont pas respecté les règles et qui ont retiré leurs coureurs. L’exemple en France est AG2R. Avant le Dauphiné, deux coureurs n’ont pas respecté les règles. Ils ont fait des bêtises. Ils se sont auto-suspendus. C’est une belle décision. Europcar ne l’a pas fait avec Pierre Rolland.

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Propos recueillis par Vincent Delzescaux