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Rolland : « Je ne me refuse pas de rêver… »

Pierre Rolland

Pierre Rolland - -

Il a été la révélation de la Grande Boucle 2011. Personne n’aurait imaginé une victoire de Pierre Rolland au sommet de l’Alpe d’Huez. A l’occasion de la présentation de l’équipe Europcar pour la saison 2012, le grand espoir du cyclisme français évoque ses objectifs. Elevés !

Pierre Rolland, c’est la première fois que vous êtes au centre de toutes les attentions -avec Thomas Voeckler- lors de la présentation de votre équipe. Vous sentez-vous à l’aise dans ce costume de vedette ?

Oui. C’est gratifiant pour moi. J’espère que l’année prochaine, ce sera pareil. Pour cela, il faudra que je fasse une bonne saison 2012. Forcément, on se prépare aux médias, à la pression. Après, ce n’est pas le côté le plus dur de notre métier. Le plus dur, ce sera dans quelques semaines quand on affrontera le froid pendant les courses.

Irez-vous reconnaître les étapes du Tour de France ?

Oui, c’est indispensable. Cette année, le Tour présente beaucoup de nouveautés : des contre-la-montre, des arrivées inédites en altitude. Il va falloir organiser le calendrier en fonction des courses et des reconnaissances. Le programme de 2012 risque d’être assez dense.

Tous les grands champions reconnaissent les étapes du Tour. Est-ce le signe d’une grande ambition de votre part ?

On ne peut pas avoir de l’ambition et arriver sur des terres inconnues. L’année dernière, j’ai gagné l’Alpe d’Huez. Je l’avais repéré 10 fois avant, donc cela m’avait servi. S’il faut monter dix fois la Toussuire pour gagner, je signe tout de suite. Cela fait partie du métier.

Votre saison sera-t-elle uniquement axée sur le Tour de France ?

Non. Ce n’est pas parce que je vais repérer des étapes du Tour que je vais tout miser là-dessus. Il y a plein de belles courses avant et après le Tour. Mais le grand évènement de l’année reste le Tour de France.

Quand on a été sacré meilleur jeune du Tour, on a presque envie de dire que la marche au-dessus est logique...

Tous ceux qui ont gagné le maillot blanc n’ont pas forcément gagné le Tour derrière. Il y a d’autres maillots distinctifs qui sont bien aussi comme le maillot à pois. Si un jour j’arrive à ramener un autre maillot sur les Champs, je serais bien entendu très satisfait. Ce serait prétentieux de dire que mon objectif, c’est de gagner le Tour. Après, je ne me refuse pas de rêver. Je sais que le chemin est très compliqué et je ne sais pas si j’ai les capacités physiques pour faire ça.

Un Français en jaune sur les Champs-Elysées dans les dix ans, pensez-vous que c’est possible ?

Tout est possible. Il n’y a pas que moi comme coureur français. Il faut énormément de travail. Il faut y croire. Tout est réalisable. Il faut juste être patient et attendre le coureur qui remplacera Hinault.

Même si Thomas Voeckler est le leader d’Europcar, avez-vous envie de vous imposer davantage ?

On va voir avec le début de saison comment cela se passe. Etre leader, cela ne veut pas forcément dire être fort et appuyer sur les pédales. Il faut assumer plein de choses comme le fait de dire à ses coéquipiers de rouler pour soi. Il y a plein de choses que lui sait faire et pas moi. On partagera le rôle de leader sur certaines épreuves.