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30 ans après Hinault, un Français peut-il gagner le Tour ?

Depuis le sacre de Bernard Hinault en 1985, aucun coureur français n’a été capable de remporter le Tour de France. Trente ans plus tard, la flamboyante armada tricolore emmenée par Thibaut Pinot semble pour une fois en mesure de marcher sur les traces du « Blaireau ».

Il y a 30 ans, Bernard Hinault remportait son 5e et dernier Tour de France (1978, 1979, 1981, 1982, 1985). Depuis, aucun coureur français n’a réussi à inscrire son nom au palmarès de la Grande Boucle. Si Laurent Fignon manque le coche pour 8 secondes en 1989 (victoire de Greg LeMond), une très longue traversée du désert (à l’exception du Tour 1997 où Virenque était monté sur le podium grâce au dopage organisé au sein de son équipe Festina) attend les coureurs français jusqu’au Tour 2014, année du renouveau tricolore avec trois Français dans le Top 10 dont deux sur le podium (Pinot, 2e, Péraud, 3e et Bardet, 6e).

Ce vent d’air frais peut-il se confirmer cette année avec une victoire sur les Champs-Elysées et malgré la concurrence incarnée par Nibali, Froome, Contador et Quintana ? Thibaut Pinot, certainement le plus costaud de tous les Français intrinsèquement, reste sceptique. « C’est peut-être encore un peu tôt pour nous, soupire le coureur de la FDJ. On espère être à 100 % de notre potentiel dans 3-4 ans. Personnellement, j’ai encore des choses à apprendre. Je dois m’améliorer sur certains points pour rêver d’une victoire. »

Pinot : « Je suis moins fort que Froome »

Impressionné par Christopher Froome lors du dernier Critérium du Dauphiné, Thibaut Pinot fait du Britannique son favori sur ce Tour 2015. « Sur une journée, je peux rivaliser avec lui. Je n’ai pas peur. Mais sur trois semaines, c’est différent. Il y a d’autres paramètres. Je ne suis pas encore aussi fort que lui. »

Lorsqu’on demande à Christophe Péraud si un Français peut succéder cette année à Bernard Hinault, la réponse du coureur AG2R-La Mondiale laisse un peu plus d’espoir. « On est plusieurs à viser le classement général. Il y a de la concurrence. Tous les ténors du cyclisme mondial sont présents et les places sont chères. Mais rien ne nous est interdit. » On trouve la même envie de bousculer l’ordre établi chez son équipier Romain Bardet, 6e l’an passé. « J’ai plus d’attentes envers moi-même. J’ai envie de me battre avec les tous meilleurs mondiaux. » On ne demande que ça.

la rédaction avec FD et PTa.